France-Prison ferme pour provocation sur Telegram

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 (Actualisé avec condamnation) 
    PARIS, 30 septembre (Reuters) - Le tribunal correctionnel de 
Paris a condamné vendredi à quatre ans de prison, dont deux 
fermes, un homme accusé d'avoir incité un correspondant à 
commettre un attentat via Telegram, messagerie cryptée 
fréquemment utilisée par les djihadistes.  
    Il l'a également reconnu coupable de consultation habituelle 
de sites djihadistes pour s'être abonné à une chaîne revendiquée 
par l'Etat islamique sur ce réseau, et a prononcé son maintien 
en détention. 
    "C'est une décision d'une sévérité qui se veut exemplaire, 
mais qui est totalement inadaptée et en inadéquation avec la 
réalité du dossier", a déclaré à la presse son avocat, Me Martin 
Méchin.  
    Le parquet avait requis sa condamnation à quatre ans de 
prison dont 18 mois avec sursis avec mise à l'épreuve.  
    Sous le surnom "Echo Alpha Tango", Youssef L., 29 ans, a 
échangé début 2016 avec Arthur L. et Sébastien P. sur la 
messagerie cryptée. Il lui est reproché d'avoir incité le 
premier à se rendre en Syrie pour y mener le djihad armé, et 
d'avoir proposé au second, aux "problèmes psychologiques 
manifestes", de commettre des attentats en France. 
    "Si tu passes à l'action demain, tu seras des nôtres", lui 
a-t-il dit dans un échange lu à l'audience. 
    Fiché S selon des éléments du dossier, Youssef L. se défend 
toutefois de toute radicalité, et assure avoir "joué un rôle" 
sur Telegram pour se moquer de personnes qu'il juge "perchées." 
    S'il reconnaît y avoir tenu les propos qui lui sont 
reprochés, il assure l'avoir fait "pour rigoler". "Dans la vie 
de tous les jours, je ne fréquente pas des gens comme ça. 
Internet, c'est pas la réalité", a-t-il dit à l'audience. 
    Et de souligner que certains de ses propos étaient le signe 
sans équivoque d'une "blague", notamment lorsqu'il a proposé à 
Sébastien P. de lui vendre une bombe nucléaire, peu après lui 
avoir parlé de "passer à l'action". 
    "J'ai plaisanté avec les mauvaises personnes, j'en ai pris 
conscience", a-t-il conclu. "Je préfère être un rigolo qu'un 
terroriste." 
    Mais la thèse d'une "mauvaise plaisanterie qui a mal 
tourné", comme l'a résumé la présidente, n'a pas convaincu le 
tribunal.  
    "Qu'est-ce qui est rigolo? En quoi vous vous moquez d'eux en 
vous faisant passer pour l'un d'eux?" s'est ainsi interrogée 
l'une des trois juges. Et d'ajouter, avec ironie : "on se fend 
la poire sur Telegram." 
    Pour le procureur, "bien sûr, de temps en temps, il rigole 
(...) En revanche, il y a chez lui une adhésion et une 
fascination pour le fanatisme djihadiste." 
    Youssef L. "est dans une forme de déni qui à mon sens doit 
être sanctionnée", avait-il ajouté en prononçant ses 
réquisitions.  
 
 (Chine Labbé, édité par Sophie Louet) 
 
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