France-Prison avec sursis pour les receleurs d'oeuvres de Picasso

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(Actualisé avec citations) GRASSE, Alpes-Maritimes, 20 mars (Reuters) - Les époux Le Guennec, accusés d'avoir recélé 271 ½uvres de Pablo Picasso entreposées sur une étagère au fond de leur garage durant près de 40 ans, ont été condamnés vendredi à deux ans de prison avec sursis et à la restitution des oeuvres à la famille. Pour les héritiers du maître espagnol, le couple avait obtenu ces pièces, estimées à plusieurs dizaines de millions d'euros, de manière frauduleuse et le procès s'était ouvert le 10 février devant le tribunal correctionnel de Grasse (Alpes-Maritimes). "C'est une grande satisfaction et une grande émotion", a dit Claude Ruiz Picasso, fils de Pablo Picasso, qui sera chargé de repartir les oeuvres entre les six héritiers de l'artiste. Ces oeuvres "reviennent dans la séquence de l'Histoire de l'art. Il y a parmi elles des ensembles importants. On en fera peut être une exposition publique ou une publication", a-t-il ajouté à l'issue de la lecture du délibéré. Une enquête menée par l'office central de lutte contre le trafic de biens culturels puis une instruction ont été ouvertes après la découverte de ces oeuvres en 2010. Elles étaient non répertoriées au moment du décès du peintre en 1973. Pierre Le Guennec, 75 ans, qui travaillait en tant qu'électricien dans la villa du couple Picasso à Mougins, près de Cannes, a déclaré au procès avoir reçu un carton contenant les oeuvres au début des années 1970 des mains de Jacqueline Picasso, la dernière femme de l'artiste. "Un soir, Madame m'a appelé dans le couloir alors que je partais et m'a dit : 'ça c'est pour vous'", avait-il dit. "SACRE CULOT" Affaibli par la maladie, il a assuré qu'il n'avait pas conscience de la valeur de ce don et n'avoir même pas regardé le contenu précis de la boîte. "C'était un sacré culot de vouloir nous faire gober cette histoire" a déclaré Maya Picasso, une fille de Pablo Picasso. Le couple Le Guennec a affirmé ne pas avoir touché le carton durant des décennies jusqu'en 2009-2010, lorsqu'ils ont décidé de contacter les héritiers de Picasso afin de faire authentifier les ½uvres. Ces derniers ont estimé que ces pièces avaient incontestablement été réalisées par l'artiste entre 1900 et 1932 mais se sont étonnés qu'elles n'étaient pas signées. Le représentant du ministère public s'est également étonné que l'ancien électricien n'ait pas ouvert le carton lorsque Jacqueline Picasso le lui a offert tandis qu'un des avocats de la partie civile a accusé Pierre Le Guennec d'être au c½ur d'un "blanchiment international d'oeuvres volées". Visiblement abasourdi par la décision, Pierre Le Guennec a souligné que les deux ans avec sursis "étaient comme s'ils étaient fermes". Selon Me Eric Agostini, l'un des défenseurs du couple, l'ex-électricien et son épouse "ont été condamnés pour recel sur une infraction préalable (NDLR: le vol) purement hypothétique". Les avocats envisagent de faire appel de la décision mais la décision n'a pas encore été prise. Pierre et Danielle Le Guennec risquaient jusqu'à cinq ans de prison et 375.000 euros d'amende. (Matthias Galante, édité par Yves Clarisse)

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  • grinchu1 le vendredi 20 mar 2015 à 12:59

    "...selon que vous serez puissant ou misérable "...(les Animaux Malades de la Peste)...