France-Première salve syndicale contre le projet El Khomri

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    PARIS, 23 février (Reuters) - Neuf des dix syndicats réunis 
mardi par la CGT pour discuter du projet de réforme du droit du 
travail porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri ont 
appelé dans la soirée à l'abandon du plafond des indemnités 
prud'homales et des mesures qui selon eux "accroissent le 
pouvoir unilatéral des travailleurs".    
    La CGT avait lancé lundi l'initiative de cette 
intersyndicale qui s'est réunie dans ses locaux, à Montreuil, 
près de Paris, en l'absence toutefois de la CFTC.   
    "Les organisations signataires ne sont pas satisfaites de ce 
projet et demandent le retrait de la barémisation des indemnités 
prud'homales dues en cas de licenciement abusif et des mesures 
qui accroissent le pouvoir unilatéral des employeurs", peut-on 
lire dans un texte signé par la CFDT, la CFE-CGC, la CGT, la 
FSU, Solidaires, l'Unsa, l'Unef, l'UNL et la Fidl (lycéens).  
    "Le fait que nous ayons réussi à nous retrouver tous, toutes 
les organisations syndicales (...), cela montre combien la 
situation est aujourd'hui préoccupante", a déclaré sur BFM TV la 
secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison.   
    L'intersyndicale ne s'est pas prononcée sur une éventuelle 
action commune mais a décidé d'organiser une nouvelle réunion le 
3 mars prochain pour poursuivre le travail en commun sur ce 
texte et faire d'autres propositions.      
    "Nous verrons dans les jours qui viennent mais il est clair 
que nous ne laisserons pas passer ce projet de loi sans chercher 
à peser, sans chercher à ce que le gouvernement entende ce que 
nous avons à dire et sans faire intervenir les salariés si nous 
n'étions pas entendus", a indiqué Bernadette Groison à l'issue 
de la réunion. 
    Elle a précisé au micro de BFM TV que certaines 
organisations avaient annoncé au cours de la réunion être 
"favorables à des initiatives ou à des actions".     
    Le texte n'a en revanche pas été paraphé par Force ouvrière, 
qui a participé à la réunion.  
    Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a précisé dans 
un entretien publié en début de soirée sur le site internet des 
Echos que son syndicat ne s'"engager(ait) pas sur un texte a 
minima".    
    "Nous sommes prêts à discuter d'une date de mobilisation 
dans la rue", a-t-il déclaré dans cet interview, au cours de 
laquelle il qualifie le projet de réforme du droit du travail 
d'"inamendable" et appelle à son rejet.      
    Les organisations signataires précisent dans leur document 
commun être "porteuses de propositions" et "disponibles pour 
engager le dialogue permettant le développement de l'emploi, la 
lutte contre la précarité et la sécurisation des droits des 
salarié(e)s." 
    La ministre du Travail doit présenter lors du conseil des 
ministres du 9 mars ce texte qui prévoit un assouplissement du 
code et du marché du travail, réclamé de longue date par le 
patronat et qui cristallise déjà les critiques d'une partie de 
la gauche et les syndicats.  
    La bataille se joue également en ligne et face à la 
contestation, le gouvernement a publié un argumentaire pour 
défendre ce projet de loi, sous la forme d'un "vrai/faux". 
    Quant à la pétition numérique lancée par des militants 
associatifs et intitulée "Loi Travail: non merci!", elle 
affichait mardi en fin de soirée plus de 400.000 signatures 
 
 (Myriam Rivet, édité par Pierre Serisier) 
 
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