France-Première centrale de géothermie profonde industrielle

le
0
    * Une eau à 170 degrés alimente une usine 
    * Plusieurs autres projets de géothermie dans la région 
    * Appels d'offres dans la biomasse ou le biogaz 
 
    par Gilbert Reilhac 
    RITTERSHOFEN, Bas-Rhin, 7 juin (Reuters) - La ministre de 
l'Environnement, Ségolène Royal, a salué mardi comme un 
événement "historique" l'inauguration à Rittershoffen 
(Bas-Rhin), de la première centrale de géothermie profonde à 
vocation industrielle. 
    Cette installation pompe à 2.500 mètres sous le sol une eau 
à 170 degrés qui alimente en chaleur l'usine Roquette Frères, un 
transformateur de céréales qui produit amidon, sucre et autre 
bioéthanol à Beinheim, à 15 kilomètres de là. 
    "C'est un moment historique", a affirmé la ministre faisant 
un parallèle entre cette première et les engagements de 
réduction de leur production de gaz à effet de serre souscrits 
par 177 pays lors de la conférence climat de Paris en décembre.  
   "Aujourd'hui, nous vivons l'histoire de la réconciliation 
entre l'environnement et le développement industriel." 
    Avec une capacité espérée de 24 MWth (mégawatts thermiques), 
la centrale de Rittershoffen produira l'équivalent du chauffage 
de 27.000 logements ou épargnera l'émission de 39.000 tonnes de 
CO2, soit les émissions annuelles de 25.000 voitures. 
    Roquette, qui assurait déjà 50% de sa production d'énergie 
grâce à une chaudière à biomasse, atteint avec la géothermie 75% 
d'énergie renouvelable. 
    L'industriel nordiste, premier amidonnier français et 
cinquième mondial avec un chiffre d'affaires de 3,3 milliards 
d'euros en 2015, s'est associé à Electricité de Strasbourg, 
filiale d'EDF et à la Caisse des dépôts au sein d'Ecogi, la 
société qui a porté l'investissement de 55 millions d'euros. 
     
    ANOMALIE GÉOLOGIQUE 
    Le projet a été subventionné à hauteur de 25 millions 
d'euros par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise 
de l'énergie) qui a également garanti le risque financier avec 
la région Alsace et la Caisse des dépôts. 
    Ecogi a bénéficié des 20 années de recherches sur la 
géothermie profonde menées par EDF, Electricité de Strasbourg et 
des électriciens allemands. 
    Une "anomalie" géologique du bassin rhénan, caractérisée par 
des températures élevées à des profondeurs relativement faibles 
(50° à 400 mètres, 200° à 5.000 mètres), associée à un sous-sol 
naturellement fracturé, a permis d'y mettre en service, en 2008, 
une centrale électrique expérimentale d'1,5 MGW. 
    "Ce projet a permis d'enclencher une dynamique industrielle 
dans la région", a souligné Bruno Léchevin, président de l'Ademe 
qui évalue, pour la seule région Alsace, un potentiel de 2.000 
GW/H à l'horizon 2050. 
    Plusieurs projets de géothermie profonde, concernant plus 
particulièrement le chauffage urbain, sont actuellement portés, 
notamment par Electricité de Strasbourg et le groupe Fonroche. 
    Ségolène Royal a rappelé les objectifs gouvernementaux en la 
matière d'ici 2023 : faire passer la géothermie électrique à 53 
MW (8MW en 2018), multiplier par quatre la production de chaleur 
pour parvenir à 550 ktep (kilotonnes équivalent pétrole, 200 en 
2018) et augmenter de 75% la production par pompes à chaleur 
pour atteindre 3.200 ktep (2 200 en 2018). 
    Elle a également annoncé mardi le lancement de deux appels 
d'offres pour la conversion à la biomasse ou au biogaz des 
centrales de cogénération industrielle fonctionnant au gaz 
naturel, avec une enveloppe de 60 millions d'euros. 
    Un arrêté ministériel du 24 avril 2016 relatif au 
développement des énergies renouvelables prévoit de faire passer 
la production électrique issue de la méthanisation de 137 MW fin 
2018 à une fourchette comprise entre 237 et 300 MW à fin 2023. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant