France-Pour Mailly (FO), la bataille anti-loi Travail continue

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    PARIS, 5 septembre (Reuters) - Le secrétaire général de 
Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, entend poursuivre la 
bataille contre la loi Travail promulguée cet été, à la fois 
dans la rue et sur le plan juridique. 
    "Ce n'est pas parce que cette loi est passée avec le 49.3 
cet été que c'est fini", dit-il dans une interview publiée lundi 
par Le Parisien, en faisant allusion au fait que le gouvernement 
a dû engager sa responsabilité à l'Assemblée nationale en vertu 
de l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter ce texte 
contesté, faut de majorité pour le voter. 
    Les sept organisations syndicales et de jeunesse qui ont 
mené la bataille contre cette loi, CGT et FO en tête, ont appelé 
à une nouvelle journée de mobilisation dans une quarantaine de 
villes le 15 septembre. 
    Entre temps, les dirigeants de ces organisations, dont 
Jean-Claude Mailly et son homologue de la CGT, Philippe 
Martinez, se retrouveront mercredi pour une réunion publique 
commune à Nantes sur la loi Travail. 
    "Nous sommes dans une unité d'action", souligne le dirigeant 
de FO, pour qui il pourrait encore y avoir des manifestations 
après le 15 septembre. Mais il entend également mener la 
bataille sur le plan juridique. 
    "Le gouvernement a jusqu'à la fin de l'année pour rédiger 
les 134 décrets (d'application). Nos services juridiques 
travaillent d'arrache-pied pour trouver les axes de recours. Il 
n'est jamais trop tard", explique-t-il. 
    Jean-Claude Mailly, membre du Parti socialiste, annonce 
aussi sa participation à la fête de l'Humanité, le quotidien du 
Parti communiste français, le 10 septembre, la première d'un 
dirigeant de FO. "J'y serai pour participer à un débat sur le 
dialogue social et la loi Travail", précise-t-il. 
    Il dit en revanche ne plus avoir de contacts avec le Premier 
ministre, Manuel Valls, depuis fin juin, et n'envisage pas à ce 
stade de reprendre langue avec le chef de l'Etat, François 
Hollande : "Pour quoi faire ? (...) Pendant le conflit sur la 
loi Travail j'ai vu trois fois François Hollande. Je considère 
que cela n'a servi à rien", dit-il. 
    Il est également sévère pour l'ex-ministre de l'Economie, 
Emmanuel Macron, qui a démissionné du gouvernement la semaine 
dernière pour se consacrer à son mouvement "En Marche !" dans la 
perspective de l'élection présidentielle de 2017. 
    Il juge le bilan de l'ancien ministre "plus que mitigé". 
    "Les licenciements économiques dans la loi Travail, c'est 
lui. Le pacte de responsabilité (pour les entreprises), c'est 
lui, inspiré par (le président du Medef) Pierre Gattaz", dit-il. 
"Macron a été une courroie de transmission du Medef." 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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