France-Pour Macron, un Hollande "très courageux" peut gagner en 2017

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    * Pour le ministre, des décisions "très courageuses" sont la 
clé 
    * Il refuse de se prononcer sur ses propres projets pour 
2017 
    * Hortefeux raille un Emmanuel Macron "en marche arrière" 
    * C'est Juppé "avec 30 ans de moins", lance Marion 
Maréchal-Le Pen 
 
 (actualisé avec Najat Vallaud-Belkacem) 
    PARIS, 17 avril (Reuters) - François Hollande a des chances 
d'être réélu en 2017 s'il prend des "décisions très courageuses" 
et s'il "explique" son action, a déclaré Emmanuel Macron dans un 
entretien diffusé dimanche sur la BBC. 
    Le chef de l'Etat a annoncé jeudi dernier sur France 2 qu'il 
ferait connaître "à la fin de l'année" ses intentions sur une 
éventuelle candidature et qu'il demanderait à "être jugé sur la 
question du chômage". 
    Pour le ministre de l'Economie, qui a lancé son propre 
mouvement transpartisan, "En Marche", pour dresser le "bilan" de 
la France et proposer des "solutions radicales", l'échéance 
présidentielle est encore "trop loin" pour se prononcer sur 
l'offre politique à gauche en 2017. 
    Prié de dire, lors d'un entretien sur la BBC, s'il croyait 
en la possible réélection de François Hollande, au plus bas dans 
les sondages  , Emmanuel Macron a toutefois répondu : 
"Je pense que s'il prend des décisions très courageuses, s'il 
explique ce qu'il fait, il pourrait certainement être en 
situation de gagner." 
    A la question de savoir s'il songeait lui-même à se 
présenter, il a répondu : "Je ne veux pas entrer dans ce genre 
de discussion". De nouveau interrogé à ce sujet, il a ajouté : 
"Un an avant, c'est impossible" [de le dire]. 
    Selon un sondage Odoxa avec Dentsu-Consulting pour BFMTV et 
Le Parisien-Aujourd'hui diffusé samedi, François Hollande serait 
éliminé dès le premier tour de la présidentielle dans tous les 
cas de figure alors qu'Emmanuel Macron permettrait à la gauche 
d'accéder au second tour.   
    Emmanuel Macron, que le journaliste de la BBC a comparé à 
Tony Blair et dont l'émancipation irrite à gauche, a été rappelé 
jeudi soir à l'ordre par François Hollande : "C'est entre nous 
pas simplement une question de hiérarchie, il sait ce qu'il me 
doit, c'est une question de loyauté, personnelle et politique." 
    La ministre de l'Education nationale, Najat 
Vallaud-Belkacem, a souligné dimanche sur BFM TV que "la gauche 
dans son ensemble n'a pas besoin d'aventure solitaire en ce 
moment". 
    Emmanuel Macron "est libre comme homme, comme responsable 
politique; comme ministre, il est tenu à une loyauté collective. 
C'est à lui de trouver le bon équilibre", a-t-elle commenté. 
     
    "LE MOTEUR EST VIEUX" 
    L'eurodéputé (Les Républicains) Brice Hortefeux, fidèle de 
Nicolas Sarkozy, a raillé dimanche l'initiative d'Emmanuel 
Macron, "dont la carrosserie est neuve mais le moteur est 
vieux", et dénoncé en creux du marketing politique. 
    "Le renouveau, ce n'est pas arriver en cravate dans un 
studio télé, l'ôter pendant l'émission et la remettre à la fin", 
a-t-il dit au "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-iTELE. 
    "Emmanuel Macron, a poursuivi Brice Hortefeux, c'est l'homme 
qui était à l'Elysée, au bureau, à côté du président de la 
République, et c'est l'homme qui a donc cautionné la création 
d'une nouvelle tranche d'impôt sur le revenu, l'impôt stupide 
des 75%, 53 hausses ou créations d'impôts..." 
    "Son mouvement En Marche, (...) il oublie un qualificatif, 
c'est en marche arrière puisqu'en réalité il a cautionné tous 
les errements, toutes les bêtises, toutes les tergiversations, 
toutes les erreurs qui ont été commises pendant tout ce 
quinquennat", a-t-il souligné. 
    "Le jeunisme, c'est quelque chose qui est très fugace. Il 
ferait bien de réfléchir à ce qu'avait écrit Picasso : 'J'ai mis 
toute la vie à devenir jeune', donc il a encore de la marge." 
    Dans le même registre, Marion Maréchal-Le Pen, députée 
(Front national) du Vaucluse, a affirmé que l'ascension de 
l'ex-banquier de 38 ans n'inquiétait pas le parti de Marine Le 
Pen. 
    Car, a-t-elle déclaré, "Emmanuel Macron, c'est une sorte 
d'Alain Juppé avec trente ans de moins et une barbe de trois 
jours." 
    "C'est la poursuite du logiciel qui nous a menés dans le mur 
et qui est le logiciel d'Alain Juppé", a-t-elle dit au "Grand 
Jury" RTL-Le Figaro-LCI. 
    Pour l'élue, la surexposition du ministre de l'Economie 
participe d'une manoeuvre de l'Elysée pour couper court aux 
"velléités présidentielles" du Premier ministre, Manuel Valls. 
    Emmanuel Macron a assuré le 10 avril dernier sur France 2 
qu'il s'était lancé dans cette aventure tout sauf "personnelle" 
avec l'assentiment du président et avec l'engagement ne pas le 
"fragiliser".   
 
 (Sophie Louet) 
 
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