France-Pour Hollande, 2016 sera l'année-clef pour le chômage

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* Hollande lie toujours sa candidature à la baisse du chômage * Un recul "crédible" doit survenir l'an prochain * "Les Français ne sont pas dupes", estime la droite (Actualisé avec réactions à droite, rapport du PS) par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry PARIS, 27 juillet (Reuters) - François Hollande, qui a fait du recul du chômage une condition d'une éventuelle candidature à sa propre succession en 2017, a estimé que celui-ci devrait intervenir dès 2016 pour être crédible et s'accompagner d'une reprise de la croissance. Des propos critiqués à droite, où l'on estime que "l'échec" dans ce domaine ne saurait être effacé après 36 mois de hausse du nombre de demandeurs d'emplois. Le chômage est resté quasi stable en juin en France, la baisse du nombre de jeunes inscrits à Pôle Emploi, après trois mois consécutifs de hausse, permettant de compenser la progression des autres catégories d'âge, selon les chiffres publiés lundi par le ministère du Travail. ID:nL5N1073EE Lors du dîner annuel de l'Association de la presse présidentielle, le chef de l'Etat a estimé que ces chiffres constituaient un "tassement" et reflétaient les effets de la reprise économique constatée au premier semestre 2015. Mais celle-ci n'est pas assez forte pour inverser la courbe du chômage durablement, a-t-il admis. "C'est à partir d'une reprise sans doute plus forte de la croissance, notamment, au second semestre qu'il sera possible d'atteindre l'objectif de la baisse durable du chômage." "Je peux avoir mon espérance que la courbe du chômage s'inverse d'ici 2017 (...) suffisamment à l'avance pour que ce soit crédible. Mais il y a tellement d'aléas qu'il y a forcément un pari, (...) un risque. Je l'assume", a-t-il dit. Il a réaffirmé qu'il ne pourrait pas y avoir "crédibilité" d'une candidature de sa part sans résultat sur ce front. "Le quinquennat, c'est jusqu'en mai 2017 mais une élection présidentielle commence avant", a-t-il fait valoir. "Donc c'est en 2016 que cette baisse crédible doit apparaître et elle doit être suffisamment longue et répétée. (...) Il faut qu'il y ait une baisse du chômage tout au long de l'année 2016." PROPOSITIONS DU PS Pour Roger Karoutchi, sénateur (Les Républicains) des Hauts-de-Seine, ce pari "est évidemment raté." "L'échec sur le chômage ne peut être effacé en 18 mois après 36 mois de hausse... Sauf à considérer qu'une baisse de quelques mois par rapport à une hausse de plusieurs années vaut passeport pour les présidentielles", écrit-il dans un communiqué. Pour Florian Philippot, vice-président du Front national, "personne n'est dupe" : "C'est une augmentation du chômage qui continue", a-t-il déclaré sur France Info. Interrogé sur son impopularité, François Hollande a expliqué qu'elle ne l'empêchait pas d'agir "avec une grande capacité et une grande liberté" dans un quinquennat "pleinement utilisé". Le président a précisé que les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2016 comprendraient des dispositions pour favoriser la croissance et l'emploi. Il a en revanche écarté l'idée d'une réorientation, demandée par l'aile gauche de sa majorité, des baisses de charges prévues par le Pacte de responsabilité en faveur des entreprises. "Je reste convaincu que les grandes masses du pacte restent conformes aux exigences de notre économie", a-t-il expliqué. "Il est nécessaire que les entreprises aient, notamment sur les charges, les prélèvements et les coûts, une visibilité." "S'il y avait des changements profonds, ça altérerait la cohérence de ce dispositif et la capacité pour les acteurs économiques à pouvoir s'engager durablement", a-t-il ajouté. Mais il a exclu de relancer le débat sur une éventuelle réforme du contrat de travail, souhaitée par les chefs d'entreprises. Au moment où il s'exprimait, le bureau national du Parti socialiste adoptait un rapport recommandant au gouvernement six mesures pour relancer la croissance et l'emploi. Rédigé par le député "frondeur" Jean-Marc Germain et son collègue Guillaume Bachelay, numéro deux du PS, ce document propose notamment une réduction de prélèvements obligatoires comme la contribution sociale généralisée jusqu'à deux smic. Il suggère également de réserver la dernière tranche de baisse de cotisations sociales patronales prévue par le Pacte de responsabilité aux entreprises couvertes par un accord de branche sur les contreparties demandées aux employeurs. (Edité par Sophie Louet)

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  • M7361806 le mercredi 29 juil 2015 à 09:52

    comme 2013,2014,2015 .....et son économiequi marche sur la tête !