France-Polémique entre le gouvernement et la CGT sur les violences

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    * L'exécutif accuse la CGT de complaisance envers les 
"casseurs" 
    * Les syndicats y voient une stratégie de communication 
    * Des policiers s'interrogent sur la gestion du maintien de 
l'ordre 
 
    PARIS, 16 juin (Reuters) - Le gouvernement et la CGT se 
rejettent la responsabilité des violences qui émaillent depuis 
plus de trois mois les manifestations contre la loi Travail, 
tandis que des syndicats de police s'interrogent sur la gestion 
du maintien de l'ordre.  
    Depuis la manifestation de mardi, l'exécutif accuse la CGT 
de complaisance, voire d'une forme "d'appui" aux "casseurs", 
notamment lors des violences contre la façade de l'hôpital pour 
enfants Necker, où se trouvait le garçonnet dont les parents ont 
été tués lundi par un homme se réclamant de l'Etat islamique. 
    François Hollande a dans la foulée menacé d'interdire les 
manifestations à Paris si la sécurité n'est pas garantie.  
    Confortant les propos du Premier ministre Manuel Valls 
dénonçant "l'attitude ambiguë" de la CGT, le préfet de police de 
Paris, Michel Cadot, a accusé "une petite partie" des militants 
cégétistes d'avoir "participé" à des violences.  
    Bernard Cazeneuve a enfonçé le clou jeudi en affirmant que 
des "syndicalistes étaient parmi les casseurs". 
     "Lorsque (le secrétaire général de la CGT) Philippe 
Martinez ne condamne pas des personnes qui portent l'insigne de 
son organisation syndicale qui dépavent dans les rues de Paris 
et qui jettent des projectiles aux forces de l'ordre, ça me pose 
un problème", a dit le ministre de l'Intérieur à la presse. 
    Une quarantaine de personnes arrêtées mardi en marge de la 
manifestation doivent être jugés jeudi en comparution immédiate. 
    Parmi eux figure un militant CGT du Loiret, a annoncé la 
fédération des Services publics du syndicat, qui a appelé à 
manifester devant le palais de justice de Paris.  
     
    "DÉTOURNER LE DÉBAT" 
    Philippe Martinez a rejeté en bloc ces accusations, 
justifiant l'attitude violente de certains cégétistes mardi par 
un probable "ordre" de "charger des manifestants". 
    "Essayer de détourner le débat sur la CGT alors que le 
problème, ce sont des casseurs qui sont à l'extérieur des 
manifestations, c'est un nouveau procès d'intention contre la 
CGT", a-t-il déclaré sur RTL. 
    Jean-Claude Mailly, le dirigeant de Force ouvrière, dénonce 
le "côté pyromane" de Manuel Valls, soulignant dans Libération 
que les syndicats n'ont aucun intérêt à faire preuve de 
complaisance envers des violences "qui nous desservent". 
    D'autres syndicalistes ont rappelé que le 12 et le 17 mai 
dernier, des éléments d'extrême gauche avaient violemment 
agressé le service d'ordre de la CGT. 
    Depuis le début des manifestations, des syndicats de police, 
de gauche comme de droite, dénoncent l'"ambiguïté" des consignes 
données aux forces de l'ordre par les autorités.  
    "L'Etat doit prendre ses responsabilités, ne pas nous 
laisser attendre des heures face à des casseurs identifiés, 
qu'on pourrait même peut-être préventivement assigner à 
résidence dans le cadre de l'état d'urgence ou interpeller", 
avait déclaré le 5 mai sur France Info Jean-Claude Delage, le 
secrétaire général du syndicat Alliance. 
    Jeudi, le syndicat Alternative CFDT a estimé que les 
responsabilités étaient "partagées" entre les organisateurs des 
manifestations et "certaines autorités de la préfecture de 
police de Paris". 
    Selon lui, la CGT ne peut ignorer que les "casseurs" 
arrivent "habillés normalement", organisent un carré de tête 
dans le cortège puis, "en cours de manifestation, s'équipent de 
tout le matériel nécessaire pour passer à l'acte". 
    Soulignant le nombre très élevé de policiers blessés, 
Alternative CFDT critique aussi les notes de la hiérarchie 
interdisant l'usage des flash-ball et des grenades de 
désencerclement et le manque de "consignes adéquates". 
    "Comment expliquer que les policiers aient été obligés 
d'attendre une heure afin que les instructions soient données 
pour utiliser le canon à eau ?" lors de la manifestation de 
mardi, demande-t-il.  
 
 (Gérard Bon, avec Brian Love, édité par Yves Clarisse) 
 
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