France-Polémique autour des propos de Duflot sur la déchéance

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    PARIS, 7 février (Reuters) - Les propos tenus par Cécile 
Duflot vendredi à l'Assemblée nationale sur la déchéance de 
nationalité et le régime de Vichy ont suscité la controverse 
dimanche, les critiques émanant de l'ensemble de l'échiquier 
politique. 
    Lors de la présentation vendredi aux députés du projet de 
loi controversé de révision constitutionnelle visant à lutter 
contre le terrorisme, la coprésidente du groupe écologiste à 
l'Assemblée nationale a déclaré que "le dernier régime à (...) 
avoir massivement utilisé (la déchéance de nationalité) fut le 
régime de Vichy", provoquant les protestations à la fois de la 
majorité et de l'opposition.     
    L'ex-ministre du Logement du gouvernement Ayrault a maintenu 
sa position dimanche.  
    "Non seulement mes mots sont le reflet exact de ma pensée, 
qui est une analyse historique sur ce qu'est la déchéance, mais 
je les maintiens tous", a-t-elle affirmé au Grand Jury RTL-Le 
Figaro-LCI, en accusant le Premier ministre d'"avoir organisé 
une cabale" contre elle. 
    "Manuel Valls, dans l'hémicycle, a falsifié mes propos et a 
organisé une polémique artificielle (...). Je n'ai pas invoqué 
Vichy, j'ai rappelé l'histoire de la déchéance de nationalité", 
a-t-elle poursuivi en qualifiant le comportement du Premier 
ministre d'"indigne".  
    Le député écologiste de Loire-Atlantique François de Rugy, 
qui a quitté Europe Ecologie-Les Verts (EELV) cet été, a dénoncé 
sur Radio J "un parallèle scandaleux".  
    "Je demande à Cécile Duflot qu'elle présente des excuses 
pour ses propos, qu'elle les renie clairement", a-t-il ajouté, 
en dénonçant la tendance des politiques à "tout le temps 
instrumentaliser l'Histoire." 
    La députée de Paris lui a répondu par une pique, l'accusant 
de vouloir jouer "le bon élève" à l'approche du remaniement.   
    Christian Estrosi, président Les Républicains du conseil 
régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et la ministre de la 
Santé Marisol Touraine, qui intervenaient respectivement sur 
France 3 et au Grand rendez-vous Europe1-iTELE-Le Monde, ont 
tous deux évoqué des propos "inacceptables".  
    "Je veux croire que les mots de Cécile Duflot ont dépassé sa 
pensée", a précisé la ministre de la Santé.  
    Le débat sur la réforme de la Constitution doit reprendre 
lundi à l'Assemblée, où un vote solennel sur le texte est prévu 
mercredi.      
 
 (Myriam Rivet, édité par Danielle Rouquié) 
 
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