France-Phase cruciale pour l'épreuve de force sur la loi Travail

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    * Valls maintient sa ligne de fermeté 
    * C'est l'idée même de réforme qui se joue, dit-il 
    * Il a cependant repris langue avec les syndicats 
    * Un bon signe, pour le numéro 1 de la CGT 
    * La tentation de laisser le dernier mot au Parlement 
    * La pression monte sur François Hollande 
 
 (Actualisé avec Le Foll, Martinez) 
    PARIS, 29 mai (Reuters) - L'épreuve de force autour du 
projet de réforme du code du travail entre cette semaine dans 
une phase décisive, après le retour du G7 ce week-end de 
François Hollande, pressé de toutes parts de trancher le noeud 
gordien de la loi El Khomri. 
    Manuel Valls promet d'aller "jusqu'au bout" sur ce texte et 
paraît miser sur l'essoufflement de la crise sociale la plus 
dure du quinquennat, qui menace la reprise économique française. 
    "Nous sommes dans un moment crucial", dit-il au Journal du 
dimanche. "C'est l'idée même de réforme qui se joue. Il s'agit 
d'une clarification dans le syndicalisme, d'une clarification à 
gauche, d'une clarification dans la société française", ajoute 
celui qui dit ne pas vouloir rejoindre "la longue liste des 
(...) politiques qui ont renoncé face à un mouvement social". 
    "Si nous cédions à la rue et à la CGT, parce que nous 
serions obsédés à court terme par (les élections de) 2017, il ne 
resterait plus rien", fait-il valoir. 
    Le Premier ministre a néanmoins repris langue avec 
l'ensemble des leaders syndicaux, qu'ils a appelés samedi, y 
compris le numéro un de la CGT Philippe Martinez.  
    "C'est la preuve que rien n'est absolument terminé, ils 
continuent à discuter", a noté le porte-parole du gouvernement 
Stéphane Le Foll sur France 3, tout en réitérant la position du 
gouvernement : "pas de retrait du texte et (pas) de remise en 
cause de l'article 2", qui affirme la primauté des accords 
d'entreprises sur les accords conclus dans les branches 
professionnelles et les conventions nationales. 
    Pour Philippe Martinez, qui souligne que la grève n'est "pas 
du tout finie" et appelle François Hollande à reprendre "tout à 
zéro" avec les partenaires sociaux, la balle est dans le camp du 
gouvernement.  ID:nL5N18O46J  
    "Le fait que le Premier ministre daigne appeler le 
porte-parole de la première organisation syndicale française 
plutôt que de le dénigrer, c'est plutôt un bon signe", a-t-il 
toutefois reconnu sur BFM TV.  
     
    "MÉTHODE DOUCE" 
    Jusqu'ici, le chef de l'Etat a soutenu la même ligne que le 
Premier ministre et les deux hommes se sont parlé samedi pour 
s'assurer que c'était toujours le cas, dit-on de source 
gouvernementale. Manuel Valls s'est aussi assuré de la 
coopération des acteurs de l'industrie pétrolière pour atténuer 
l'impact des grèves dans ce secteur.   
    Mais à l'approche du coup d'envoi de l'Euro de football, le 
10 juin, un flottement est perceptible au sein du gouvernement 
comme dans la majorité ou sur ses marges. 
    Le ministre des Finances, Michel Sapin, confiait vendredi 
que "le premier devoir, c'est la fermeté". Mais il est de ceux 
qui ont évoqué une éventuelle réécriture de l'article 2, le plus 
contesté. 
    Une cinquantaine de députés de gauche ont demandé vendredi à 
François Hollande de reprendre le dialogue avec l'ensemble des 
syndicats afin de trouver une sortie de crise. 
    Le député socialiste Jean-Marc Germain, proche de la maire 
de Lille Martine Aubry, a proposé une autre porte de sortie : 
que Manuel Valls s'engage à ne pas recourir à l'article 49-3 de 
la Constitution quand le texte reviendra en juillet en deuxième 
lecture à l'Assemblée nationale. 
    La "méthode douce" consistant à laisser le Parlement 
procéder aux amendements susceptibles de rallier une majorité et 
de calmer la rue ne tente pas seulement l'aile gauche du PS. 
    C'est au mot près ce que propose un membre du gouvernement. 
Pour ce ministre, s'obstiner n'est pas tenable : "Si l'Euro est 
perturbé devant les caméras du monde entier, vous détruisez 
l'image de la France pour 50 ans", dit-il.  
     
    DE NOUVELLES MOBILISATIONS PRÉVUES 
    Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, 
s'est voulu rassurant dimanche. "Il n'y aura pas de grèves de 
train et de métro" pendant l'Euro, a-t-il assuré dans "Le Grand 
Jury" RTL-Le Figaro-LCI. "Je connais les responsables de la CGT, 
je ne peux pas croire une seule seconde qu'ils prennent en otage 
la France" à ce moment-là, a-t-il ajouté. 
    Une source gouvernementale reconnaît la difficulté de 
trouver une "voie médiane" dans ce conflit. "L'engagement de ne 
pas utiliser le 49-3 est très difficile à prendre", 
estime-t-elle. "Le désir de compromis ne doit pas conduire à 
tout brouiller." 
    Dès lundi, de nouvelles mobilisations sont prévues, avec un 
"temps fort en milieu de semaine", a annoncé Philippe Martinez. 
    La fédération FO des transports menace de perturber les 
transports dans les villes-hôtes de l'Euro et doit se coordonner 
lundi avec son homologue de la CGT. Quatre raffineries sont 
toujours à l'arrêt et deux en débit réduit.  
    La CGT a déposé un préavis de grève pour les 3, 4 et 5 juin 
dans l'aviation civile. Des préavis de grève reconductible ont 
été déposés pour le milieu de la semaine prochaine à la SNCF, où 
les négociations sur une nouvelle organisation du travail 
piétinent. 
    Mais paradoxalement, c'est peut-être là que réside une des 
pistes les plus sérieuses de sortie de crise, à en croire un 
intime de François Hollande cité par le Journal du Dimanche. "La 
CGT sait qu'elle n'obtiendra pas le retrait de la loi, mais il 
faut qu'ils obtiennent des choses dans d'autres secteurs", 
dit-il, citant la SNCF, la RATP, Air France ou l'aviation 
civile.   
    Une piste également évoquée dimanche par Jean-Christophe 
Cambadélis. "Je pense que dans le moment présent, il faut de la 
fermeté, mais pas de fermeture", a-t-il dit. "Après, quand le 
moment sera venu, au moment du débat parlementaire (...) il 
faudra éclairer sans dénaturer." 
 
 (Emmanuel Jarry et Chine Labbé, avec Elizabeth Pineau et Ingrid 
Melander) 
 
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  • phili646 il y a 6 mois

    Valls a définitivement hypothéquée la possibilité d'accéder à l'Elysée. On ne peut se dire de gauche et pratiquer une politique de droite. Dans ce cas là, je préfère l'original à la copie !!!!