France-Pessimisme croissant sur la révision de la Constitution

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 (Actualisé avec Valls au Sénat) 
    PARIS, 16 mars (Reuters) - Manuel Valls a appelé mercredi 
les sénateurs à revenir sur la modification de la déchéance de 
la nationalité adoptée en commission, qui menace la réforme 
constitutionnelle d'échec. 
    Le chef de file des sénateurs socialistes, Didier Guillaume, 
s'était auparavant dit pessimiste sur la tenue d'un Congrès pour 
entériner la révision constitutionnelle voulue par François 
Hollande après les attentats du 13 novembre, à moins d'un 
improbable revirement de la majorité sénatoriale de droite. 
    Le Sénat entame mercredi l'examen du projet de loi qu'il 
entend réécrire sur la déchéance de nationalité pour terrorisme 
afin de marquer son refus de créer des apatrides. 
    La commission des Lois du Sénat a adopté la semaine dernière 
un amendement interdisant la déchéance "si elle a pour effet de 
rendre un Français apatride".   
    "Vous le savez parfaitement (...) votre proposition ne sera 
jamais adoptée par une majorité de députés", a dit Manuel Valls 
aux sénateurs. 
    "L'amendement adopté par votre commission des lois prend le 
contre-pied du consensus", a ajouté le Premier ministre. "Ce 
dont les Français ne veulent plus ce sont les postures qui ne 
font que diviser." 
    Le texte voté le 10 février par l'Assemblée nationale 
prévoit la déchéance de nationalité pour tous les Français 
coupables de terrorisme, binationaux ou non. 
    Le projet de loi doit être adopté dans les mêmes termes par 
les deux chambres avant une éventuelle réunion du Congrès à 
Versailles qui doit le valider à une majorité des 3/5e. 
    Au vu des "lignes rouges" fixées par la droite sénatoriale, 
ce scénario paraît aujourd'hui compromis. 
    "Je pense que la majorité de droite sénatoriale va voter le 
texte adopté en commission. Et en même temps, je pense que ce 
n'est pas bien. Ce n'est pas bien, parce que le Sénat s'est mis 
dans une posture", a déclaré Didier Guillaume sur LCP.  
    "Donc la question que je me pose c'est : est-ce que la 
majorité de droite sénatoriale veut faire capoter la révision 
constitutionnelle ? Ou alors dans les débats d'aujourd'hui et de 
demain, fera-t-elle des avancées pour se rapprocher du texte de 
l'Assemblée nationale, comme le demandent d'ailleurs Nicolas 
Sarkozy, Christian Estrosi et autres?", a-t-il poursuivi. 
    "Si dans les deux jours il n'y a pas une explication de la 
part de la droite sénatoriale pour nous dire jusqu'où ils 
voudraient aller (...) alors ça ne marchera pas", a jugé le 
sénateur socialiste. 
    Prié de dire s'il croyait encore en un Congrès, il a répondu 
: "Je l'espère, mais vu la position de la droite sénatoriale, je 
crois qu'il peut ne pas se tenir." 
 
 (Sophie Louet, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 
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