France-Perturbations en vue avec des grèves contre la loi Travail

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 (Actualisé avec citations supplémentaires, interdictions de 
manifester) 
    PARIS, 16 mai (Reuters) - Les organisations hostiles à la 
loi Travail espèrent assister à un regain de mobilisation cette 
semaine, marquée par deux journées de manifestations et des 
appels à la grève lancés par plusieurs syndicats, notamment dans 
les transports.  
    Après le passage en force du gouvernement, qui a eu recours 
à l'article 49-3 de la Constitution pour faire adopter le texte 
porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri, la CGT, FO, 
FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL et la Fidl prévoient deux 
nouvelles journées de grève et de manifestations mardi et jeudi. 
    Même si la mobilisation a semblé s'essouffler dans la rue 
jeudi dernier  , le secrétaire général de Force 
ouvrière Jean-Claude Mailly s'est montré optimiste lundi matin 
sur RTL. 
    "Moi, je pense qu'effectivement il y a encore une capacité 
non seulement à mobiliser, mais à faire bouger le gouvernement", 
a-t-il déclaré.   
    Interrogé sur l'intention de la CGT et de FO de paralyser le 
pays par le biais des préavis de grève lancés dans différents 
secteurs, il a précisé: "On voudrait surtout que le gouvernement 
ouvre les oreilles et les yeux". 
    "Quand on n'est pas entendu, il faut essayer de se faire 
entendre", a renchéri le secrétaire général de la CGT, Philippe 
Martinez, dans la soirée sur France 2. 
 
    L'EURO MENACÉ ? 
    Les chauffeurs routiers, mobilisés contre "l'inversion de la 
hiérarchie des normes", c'est-à-dire le fait que les accords 
d'entreprises puissent primer sur le Code du travail ou les 
conventions collectives, devraient donner le coup d'envoi dans 
la nuit de lundi à mardi, les fédérations FO, CGT et 
Sud-Solidaires ayant appelé à une grève reconductible à compter 
de 22h00 (20h00 GMT).  
    "Il n'y aura pas de blocages de routes, les gens pourront 
aller au travail", a promis sur BFMTV le secrétaire général de 
la CGT Transports, Jérôme Vérité, en évoquant "des blocages de 
zones logistiques (...) et de sites dits sensibles".       
    A la RATP, le préavis déposé par la CGT court de lundi à 
22h00 à mercredi 06h40.      
    Les syndicats de cheminots, mobilisés par ailleurs pour 
peser sur les négociations en cours sur leurs conditions de 
travail, devraient venir gonfler les rangs de la contestation 
contre la loi Travail à partir de mardi.  
    La fédération CGT des cheminots a déposé un préavis de grève 
illimité à compter de la soirée de mardi. L'organisation, 
majoritaire à la SNCF, précise que le mouvement couvrira chaque 
semaine la période courant du mardi 19h00 au vendredi 08h00. 
    Sud Rail, troisième syndicat à la SNCF, a de son côté déposé 
un préavis de grève débutant mardi midi et courant jusqu'au 
lundi 11 Juillet à 08h00, soit le lendemain de la finale du 
championnat d'Europe de football.  
    Le secteur aérien ne devrait pas être épargné, avec l'appel 
à la grève lancé pour jeudi par l'Usac-CGT, premier syndicat de 
la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).  
    La fédération des syndicats CGT du pétrole a quant à elle 
lancé un appel au blocage progressif des produits pétroliers 
entre mardi et jeudi, avant la tenue vendredi d'assemblées 
générales pour décider de l'éventualité d'une grève 
reconductible ou de la mise à l'arrêt des sites.   
     
    INTERDICTIONS DE MANIFESTER 
    Alors que des affrontements violents avec les forces de 
l'ordre et des dégradations importantes ont eu lieu ces derniers 
mois en marge des défilés contre la loi Travail dans plusieurs 
villes de France, la préfecture de police de Paris a indiqué 
dans un communiqué avoir "au regard des nécessités de faire 
respecter l'ordre public, en particulier dans le contexte de 
l'état d'urgence, interdit l'accès sur les lieux des prochains 
rassemblements à plusieurs individus régulièrement repérés lors 
des derniers affrontements à Paris". 
    Ces mesures destinées "à assurer la sécurité de la 
manifestation" couvrent à la fois l'itinéraire que suivra le 
cortège mardi et le périmètre de la place de la République, dans 
la nuit de mardi à mercredi.  
    Contactée par Reuters, la préfecture de police n'a pas 
souhaité préciser le nombre d'arrêtés pris en expliquant que des 
référés étaient en cours. 
    Il a cependant été précisé que l'interdiction prononcée 
contre un photographe, sans connaître sa qualité de journaliste, 
avait été annulée.   
    Les policiers devraient eux aussi manifester cette semaine à 
l'appel du syndicat Alliance, qui prévoit une journée de 
mobilisation mercredi pour dénoncer un sentiment de défiance 
envers les forces de l'ordre, qualifié de "haine anti-flic". 
    La CGT et FO, tout en évoquant la nécessité de sanctionner 
d'éventuelles violences policières et en condamnant l'action des 
casseurs, ont apporté leur soutien à cette manifestation. 
    "Ils (les policiers, ndlr) sont un peu en burn-out, entre 
l'état d'urgence, les manifs aujourd'hui et l'Euro 2016 demain", 
a souligné Jean-Claude Mailly.      
    Selon un sondage BVA pour Orange et iTELE publié dimanche, 
54% des Français soutiennent toujours la mobilisation contre le 
projet de loi Travail.   
 
 (Myriam Rivet, édité par Jean-Philippe Lefief) 
 
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