France-Perpétuité pour un crime vieux de trente ans

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    STRASBOURG, 23 mars (Reuters) - Un homme a été condamné 
mercredi à la réclusion criminelle à perpétuité pour meurtre, 
tentative de meurtre et viol respectivement sur une adolescente 
de 17 ans et une fillette de 11 ans, des crimes commis en 1986 
par celui que la presse avait surnommé « l'étrangleur » de 
Strasbourg. 
    Deux autres agressions de jeunes femmes, que Nicolas 
Charbonnier, 54 ans, a reconnu avoir commises la même année dans 
l'agglomération strasbourgeoise, étaient prescrites en raison de 
la majorité des victimes et de la nature des faits. 
    Ce fils d'un militaire de haut rang, qui sortait lui-même, à 
23 ans, d'un engagement de cinq ans dans l'armée de terre, avait 
par la suite mené une vie ordinaire, se mariant et ayant un 
enfant à l'autre bout de la France, avant d'être confondu par 
une empreinte palmaire après un petit vol en janvier 2013. 
    Le verdict de la cour d'assises du Bas-Rhin est conforme aux 
réquisitions de l'avocat général pour qui l'évolution du 
personnage et ses efforts pour comprendre ses passages à l'acte, 
ne contrebalançaient pas  « l'atrocité des crimes », commis sur 
des victimes endormies chez qui il s'introduisait la nuit. 
    "Il ne souffre d'aucun trouble psychologique ou 
psychiatrique susceptibles d'amoindrir sa responsabilité pénale. 
C'est quelqu'un qui avait à tout moment le choix de tout 
arrêter", a affirmé Laurent Guy. 
    Les avocats de la défense ont au contraire invité les jurés 
à tenir compte des 27 ans de rédemption entre les faits et son 
interpellation pour laisser à l'accusé, décrit comme « bon fils, 
bon frère, bon époux et bon père », une chance de réinsertion 
dans la société. 
    Me Caroline Bolla a tenté d'expliquer les crimes de Nicolas 
Charbonnier par « une addition de frustrations » affectives et 
sexuelles nées de la difficulté à trouver sa place, dans une 
famille catholique traditionnelle, entre un père autoritaire et 
une mère trop occupée avec ses neuf enfants. 
   « Si à une époque il a vendu son âme au diable, il l'a 
reprise », a soutenu son confrère, Me Eric Braun. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet) 
 
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