France-Pérol défend sa "complète éthique" au tribunal

le , mis à jour à 13:24
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* Pas le procès d'un système, prévient le président * Guéant et Noyer convoqués comme témoins jeudi * Sarkozy, également cité, ne viendra pas par Chine Labbé PARIS, 22 juin (Reuters) - François Pérol, le président du directoire de BPCE (Banque populaire-Caisse d'épargne), a déclaré lundi avoir toujours veillé à respecter "la plus complète éthique", au premier jour de son procès pour prise illégale d'intérêts. L'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, chargé des questions économiques auprès de Nicolas Sarkozy, est accusé d'avoir pris en 2009 la tête de BPCE, maison mère de la banque Natixis CNAT.PA , après avoir suivi la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne, scellée la même année. "J'ai toujours veillé à respecter la plus complète éthique", a-t-il déclaré lundi à la barre. "Outre la colonne vertébrale qui est celle d'un haut fonctionnaire, la meilleure défense déontologique, c'est l'expérience", a-t-il ajouté. Le tribunal devra examiner les contours du projet de fusion des deux banques, la part des pouvoirs publics dans les choix effectués et l'influence éventuelle de la présidence, et de François Pérol, 51 ans, dans ceux-ci, a indiqué le président de l'audience, Peimane Ghaleh-Marzban. Cela dans un contexte de "compression du temps", sur fond de crise financière et de pertes annoncées des Caisses d'épargne en février 2009, notamment, a-t-il précisé. "Ce procès n'est pas le procès de je ne sais quel système", a-t-il encore prévenu, dans une allusion à la présidence de Nicolas Sarkozy. "C'est votre procès." D'après l'accusation, François Pérol a émis des avis et fait des propositions aux autorités compétentes sur le montant de l'aide financière accordée aux banques par l'Etat, la structure juridique du futur groupe, les réformes législatives devant accompagner ce rapprochement, l'origine du futur dirigeant et le délai d'exécution de cette fusion. Celui qui a rejoint l'Elysée en mai 2007 ne suivait pas le dossier "de loin" mais était au contraire associé "de manière étroite" aux négociations, selon une source judiciaire. La loi impose aux fonctionnaires et agents de l'administration publique un délai de carence de trois ans avant de rejoindre une entreprise sur laquelle il ont formulé des avis ou des propositions auprès des autorités compétentes. GUÉANT ABSENT LUNDI MATIN François Pérol assure, par la voix de son avocat, n'avoir fait qu'"informer le président de la République de l'évolution du dossier, au plus fort de la crise financière de l'époque." Neuf personnes sont citées comme témoins à ce procès. Parmi elles, le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, cité par la défense. L'ancien secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, est quant à lui cité par la CGT, partie civile dans le dossier. Absent lundi matin et n'ayant pas fait parvenir de courrier au tribunal, le parquet a requis sa condamnation à 3.750 euros d'amende. Mais le tribunal lui a laissé la possibilité de se présenter jeudi matin. "Je suis appelé à témoigner et je répondrai à cette invitation", avait-il déclaré vendredi à Reuters. Nicolas Sarkozy, également cité par la CGT, a de son côté fait savoir qu'il ne viendrait pas à l'audience, au nom de l'immunité du président de la République. Dans un courrier adressé au tribunal, lu lundi par le président d'audience, il rappelle ne jamais avoir été interrogé par le juge d'instruction dans ce dossier et s'interroge sur la pertinence de son témoignage, hors un seul enjeu médiatique. Le procès de François Pérol, qui encourt jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende, est prévu jusqu'au lundi 29 juin. Le jugement devrait ensuite être mis en délibéré. Son mandat à la BPCE, court jusqu'en mai 2017. Il a par ailleurs été reconduit fin mai pour quatre ans à la présidence du conseil d'administration de Natixis. (avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)


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