France-Pas de loi sur le "burkini", confirme Cazeneuve

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    PARIS, 28 août (Reuters) - Le gouvernement français n'entend 
pas légiférer sur la question des vêtements religieux à la 
plage, notamment du "burkini", car une telle loi serait 
inconstitutionnelle, inefficace et cause de tensions, déclare le 
ministre de l'Intérieur dans une interview à paraître lundi dans 
le quotidien La Croix. 
    Le Conseil d'Etat a suspendu vendredi un arrêté du maire de 
Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) interdisant de baignade les 
personnes portant des vêtements à connotation religieuse comme 
le burkini, maillot de bain intégral utilisé par des musulmanes. 
    A la suite de cette décision, des dirigeants du parti Les 
Républicains, dont Nicolas Sarkozy, et le Front national ont 
demandé une loi permettant aux municipalités françaises de 
prendre de tels arrêtés.   
    "Le gouvernement (...) refuse de légiférer sur ce sujet car 
une loi serait inconstitutionnelle, inefficace et de nature à 
susciter des antagonismes et d'irréparables tensions", déclare 
Bernard Cazeneuve. 
    A la veille d'une journée de consultations organisée lundi 
sous sa responsabilité à son ministère sur l'islam de France, il 
souhaite en revanche que les musulmans s'engagent en faveur de 
l'égalité hommes-femmes. 
    De façon plus générale, le ministre de l'Intérieur estime 
que la France "a plus que jamais besoin d'une relation apaisée 
avec les musulmans", ce qui suppose que ces derniers "s'engagent 
dans une défense totale de la République face au terrorisme, 
face au salafisme". 
    Il revient par ailleurs sur la création de la Fondation pour 
l'islam de France, dont le premier président sera l'ancien 
ministre Jean-Pierre Chevènement. 
    Cette fondation laïque aura pour vocation non de financer le 
culte musulman mais de soutenir des projets dans les domaines de 
l'éducation, de la culture, de l'engagement des jeunes, de la 
recherche en islamologie et bénéficiera de fonds publics pour 
son démarrage, précise-t-il. 
    A côté de la fondation, le gouvernement propose la création 
d'une association cultuelle dirigée entièrement par des 
représentants de la communauté musulmane. 
    Selon Bernard Cazeneuve, elle aura notamment pour mission de 
centraliser les financements nationaux pour la construction de 
mosquées et la formation théologique des imams. 
    "Nous souhaitons que transitent par elle des fonds dont elle 
garantira la transparence, non pas une taxe mais une 
contribution volontaire et négociée des acteurs de la filière 
halal, ainsi que les dons des fidèles", explique le ministre. 
    Bernard Cazeneuve réaffirme enfin que le gouvernement sera 
intraitable avec ceux qui, dans les mosquées, "appellent à la 
haine et provoquent au terrorisme". 
    "J'ai donné des instructions fermes pour procéder à 
l'expulsion de tous les individus de nationalité étrangère qui 
tiennent ces discours dans ou en-dehors des mosquées", dit-il. 
    Selon le ministre de l'Intérieur, plus de 80 arrêtés 
d'expulsion ont ainsi été pris depuis 2012 et 15 expulsions ont 
été effectuées depuis le début de l'année, dont six en août.  
    Ces derniers mois, le gouvernement a également procédé à la 
fermeture d'une vingtaine de mosquées ou salles de prière 
radicalisées et "d'autre dossiers sont en cours de traitement", 
ajoute Bernard Cazeneuve. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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