France-Pas d'accord à la COP21 qui joue les prolongations

le , mis à jour à 12:54
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    * La Chine et les pays pétroliers troublent le jeu 
    * L'issue des négociations repoussée d'un jour 
    * "La nuit a été très dure" 
 
 (Avec détails sur les négociations) 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 11 décembre (Reuters) - La 
conférence de Paris sur le climat devra prolonger ses travaux de 
24 heures faute d'accord sur la lutte contre le réchauffement 
climatique, malgré une nouvelle nuit de négociations au niveau 
ministériel. 
    Selon plusieurs sources qui ont suivi les débats à huis clos 
au Bourget, près de Paris, jusqu'à près de 06h00 du matin 
vendredi, des pays clefs, dont la Chine et les Etats pétroliers 
du Golfe, ont raidi leur position. 
    Initialement, la COP21 devait se clore vendredi. Mais son 
président, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent 
Fabius, a annoncé après la suspension des discussions qu'il ne 
serait pas en mesure de présenter un texte final dans la journée 
comme initialement prévu. 
    "Aujourd'hui, le texte va être remis en ordre et je vais 
procéder à des consultations", a-t-il déclaré à BFM TV. "Je 
présenterai le texte (...) samedi matin, tôt dans la matinée, et 
nous pourrons prendre la décision nécessaire à la mi-journée." 
    "Mais l'atmosphère est bonne, (...) les choses vont dans le 
bon sens", a-t-il ajouté. Mais des observateurs, qui ont pu 
suivre les débats en direct, ont estimé que la nuit avait été 
difficile, voire "très dure". 
    "Des pays importants se sont retranchés derrière leurs 
lignes rouges au lieu d'avancer sur les compromis", a ainsi dit 
Matthieu Orphelin, porte-parole de la fondation Nicolas Hulot.  
    Un sentiment confirmé par le député écologiste belge 
Jean-Marc Nollet, qui a suivi les discussions de l'intérieur de 
la salle où Laurent Fabius avait réuni les ministres chefs de 
délégation, dont le secrétaire d'Etat américain John Kerry. 
    L'Arabie Saoudite, comme le Koweit, a ainsi déclaré ne 
pouvoir accepter un objectif plus ambitieux qu'un réchauffement 
limité à 2°C en 2100 alors que le projet d'accord distribué 
jeudi mentionne aussi le seuil de 1,5°C, réclamé par de nombreux 
pays en développement. 
     
    "REVENIR À L'ESSENTIEL" 
    L'Arabie saoudite et l'Irak ont également rejeté toute 
mention d'une tarification du carbone. 
    Plusieurs pays développés ont demandé un élargissement à 
d'autres Etats du périmètre des bailleurs d'aide aux pays les 
plus vulnérables. Mais la Chine a refusé de voir intégrer à 
l'accord l'aide financière qu'elle accorde dans le cadre de la 
coopération Sud-Sud. 
    D'autres pays, comme le Japon ou la Suisse, ont estimé que 
l'accord allait trop loin. "Les responsabilités historiques ne 
peuvent être illimitées", a ainsi dit le représentant suisse. 
    La date de la première révision des engagements nationaux en 
matière de réduction des gaz à effet de serre a aussi fait 
débat. 
    Le projet actuellement sur la table fixe comme objectif de 
contenir l'augmentation moyenne de la température de la planète 
bien en-dessous de 2 degrés Celsius par rapport au niveau 
pré-industriel et de poursuivre les efforts pour limiter la 
hausse de température à 1,5 degré, afin de réduire 
significativement l'impact des changements climatiques. 
    "Il reste 24 heures pour revenir à l'essentiel. On peut 
encore construire l'avenir. Mais la fenêtre se rétrécit de jour 
en jour", a dit Nicolas Hulot, envoyé spécial du président 
français, François Hollande. 
    "Je demande aux chefs d'Etat de se grandir à cet instant 
crucial pour l'humanité. (...) Si les chefs d'Etat n'ouvrent pas 
le chemin, attention que les peuples ne se fraient eux-mêmes la 
voie. Attention que la tentation du fatalisme ne conduise au 
fanatisme", a-t-il ajouté. 
    Le Premier ministre français, Manuel Valls, a assuré sur 
France Inter que les nouvelles étaient "bonnes". 
    "Il faut arriver à un compromis exigeant. (...) Il sera 
exigeant je n'en doute pas, notamment sur les objectifs que nous 
nous donnons. (...) C'est forcément compliqué. Nous trouverons 
un bon compromis", a dit le chef du gouvernement.    
 
 (Emmanuel Jarry avec Simon Carraud, Sophie Louet, Nina 
Chestney, David Stanway et Alister Doyle) 
 
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