France-Parrainages, investitures, la primaire LR se complique

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    * Sarkozy opposé à ses rivaux sur les législatives 
    * Une solution de compromis en vue 
    * Un amendement pour éviter les parrainages de gauche 
    * "NKM" se dit visée 
 
    PARIS-BORDEAUX, 29 mars (Reuters) - Alain Juppé a jugé mardi 
"intempestive" la volonté de Nicolas Sarkozy de "pousser les 
feux" des investitures aux élections législatives de juin 2017, 
procédure que l'ancien président souhaite régler avant la 
primaire contre l'avis de ses rivaux. 
    La question sera abordée ce mardi lors d'un bureau politique 
prévu initialement le 22 mars, qui a été repoussé en raison des 
attentats de Bruxelles. 
    Le président des Républicains, qui n'a toujours pas 
officialisé sa candidature à la primaire des 20 et 27 novembre, 
veut boucler le casse-tête des investitures en juin car, 
expliquait-il en février au Monde, "les comptes de campagne 
commencent un an avant les élections". 
    Ses adversaires, qui soupçonnent l'ancien chef de l'Etat de 
favoriser des investitures à son profit pour s'assurer des 
relais électoraux, militent pour des investitures après la 
désignation du candidat de la droite, en novembre. 
    "Il est tout à fait normal que le candidat qui gagnera les 
primaires ait une marge de manœuvre", a réaffirmé mardi Alain 
Juppé, favori de la consultation, lors d'une conférence de 
presse à Bordeaux. 
    "M. Sarkozy veut absolument pousser les feux. Nous n'allons 
pas déclencher une bagarre là-dessus. J'ai simplement souhaité 
que le Conseil national qui doit valider définitivement les 
investitures ait lieu après la primaire et non pas avant, pour 
laisser une marge d'adaptation éventuelle", a précisé le maire 
de Bordeaux, qui n'assistera pas au bureau politique. 
    Pour éviter une nouvelle empoignade, Nicolas Sarkozy, qui 
crée un groupe de travail à cet effet, propose un compromis: les 
sortants seraient réinvestis avant l'été; si le nom d'un nouveau 
candidat fait l'unanimité, sa candidature sera retenue dès juin; 
les cas litigieux, notamment dans les circonscriptions que se 
disputent les candidats, seraient renvoyés à l'après-primaire. 
    Les candidatures des centristes de l'UDI et du MoDem restent 
également à régler. 
     
    "BAROQUE" 
    "Je ne veux pas d'état d'esprit de secte, de club de 
supporters. On choisira partout les meilleurs", avait assuré 
Nicolas Sarkozy lors du Conseil national de LR, en février. 
    "Je pense que cette procédure est un peu intempestive au 
sens propre du mot, c'est-à-dire qu'elle ne vient pas à la bonne 
heure", a souligné mardi Alain Juppé. 
    Le bureau politique des Républicains devait également 
proposer mardi un amendement au règlement de la primaire pour 
préciser la procédure des parrainages des candidats, une mesure 
que Nathalie Kosciusko-Morizet juge échafaudée contre elle. 
    La députée LR de l'Essonne, qui peine à rassembler les 
parrainages nécessaires à sa candidature, a laissé entendre 
qu'elle pourrait en glaner hors de son parti, dans les rangs des 
centristes et/ou des écologistes. 
    Un candidat doit être parrainé par au moins 250 élus 
répartis sur au moins 30 départements, dont au moins 20 
parlementaires, et par au moins 2.500 adhérents sur au moins 15 
départements. 
    Le sarkozyste Frédéric Péchenard, directeur général des 
Républicains, a critiqué mardi sur Europe 1 l'"idée un petit peu 
baroque" de Nathalie Kosciusko-Morizet "de vouloir se faire 
parrainer par des gens de gauche". 
    "Les gens qui vont aller voter à cette primaire sont le 
peuple de France qui partage les valeurs de la droite et du 
centre et qui s'engage pour l'alternance. C'est ce qu'on va leur 
demander de signer. Il paraît assez logique que les élus qui 
vont parrainer les champions (...) soient des élus qui 
s'engagent", a-t-il ajouté. 
    Réplique de "NKM" sur Twitter : "Que l'organisateur, comme 
le directeur général des Républicains, veuillent changer les 
règles, ce n'est pas baroque, ça sonne juste faux". 
    "Les critères d'accès à la primaire sont élevés", a souligné 
sur LCP Thierry Solère, chargé de l'organisation de la primaire. 
    "On n'est pas là pour avoir dix personnes, on est là pour 
sélectionner comme en 1995 Jacques Chirac et Edouard Balladur." 
 
 (Sophie Louet avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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  • frk987 il y a 10 mois

    Je prétends qu'une campagne électorale peut se faire avec un budget à ZERO, vous n'allez pas me dire que remplir le stade de France avec des militants convaincus va changer grand chose au résultat final. Par contre la location du stade c'est pas gratuit. Et côté TV, les interviews sont gratuites...enfin j'ose l'espérer !!!!