France-Ouverture du procès Bettencourt à Bordeaux

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* Demandes de report du procès * Un accord entre Stéphane Courbit et les Bettencourt * Un prévenu a tenté de mettre fin à ses jours (Actualisé avec QPC) BORDEAUX, 26 janvier (Reuters) - Le procès de dix personnes, dont l'ancien ministre UMP Eric Woerth, soupçonnées d'abus de faiblesse commis entre 2006 et 2010 au détriment de l'héritière de l'Oréal Liliane Bettencourt s'est ouvert lundi matin à Bordeaux pour cinq semaines. Son début a été marqué par la tentative de suicide d'un des prévenus dans un bois de la région parisienne. L'ex-infirmier Alain Thurin, qui a bénéficié des libéralités de l'ex-milliardaire, était donc absent à Bordeaux. Les questions de procédure ont dominé les premières heures, les avocats de deux prévenus, le photographe François-Marie Banier et le gestionnaire de fortune Patrice de Maistre déposant une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Ils estiment que les poursuites engagées contre leurs clients pour blanchiment du produit d'éventuels abus de faiblesse au détriment de la milliardaire ne sont pas fondées, le blanchiment s'appliquant selon eux à un tiers, et non à l'auteur principal de l'abus de faiblesse. Le tribunal dira mardi matin si la QPC est "sérieuse" et si elle doit être transmise à la Cour de cassation, ce qui entraînerait le renvoi du procès, mais le ministère public a d'ores et déjà prôné son rejet. Les avocats de prévenus estiment également que la mise en examen le 27 novembre à Paris pour faux témoignage de Claire Thibout, l'ancienne comptable de la milliardaire, l'un des principaux témoins à charge, remet l'instruction en question. Ce témoignage est central dans le procès, dans la mesure où l'ex-comptable a déclaré avoir préparé des enveloppes d'argent, notamment destinées à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. ACCORD ENTRE COURBIT ET LES BETTENCOURT Durant cinq semaines comparaîtra le photographe François-Marie Banier, accusé d'avoir obtenu de la milliardaire environ 1 milliard d'euros de valeurs, ramenées à 600 millions d'euros après un accord avec la fille la victime, Françoise Bettencourt-Meyers, la première à avoir déposé plainte. Son compagnon, Martin Le Barrois d'Orgeval, comparaîtra également pour abus de faiblesse, blanchiment et recel. L'ancien gestionnaire de fortune Patrice de Maistre, le seul dans ce dossier à avoir été placé en détention provisoire durant près de trois mois, répondra de plusieurs accusations, notamment celle d'avoir bénéficié de libéralités pour un montant de plus de 8 millions d'euros et d'avoir retiré de fortes sommes d'argent des comptes en Suisse de la milliardaire. Eric Woerth est soupçonné d'avoir perçu une partie de ces sommes de la part du gestionnaire de fortune, l'ancienne comptable ayant même dit avoir préparé une enveloppe de 150.000 euros qui, selon elle, devait lui être remise. L'ex-président de la République, Nicolas Sarkozy, mis en examen pour ces faits a finalement bénéficié d'un non-lieu faute de "charges suffisantes" selon les juges. Sur les bancs des prévenus figurent également l'homme d'affaires Stéphane Courbit, qui avait obtenu de la milliardaire un investissement 143,7 millions d'euros dans son groupe Lov Group Industrie de paris en ligne. A la veille du procès, un accord de restitution de cette somme a été trouvé avec la famille Bettencourt, qui a accepté en contrepartie de retirer sa constitution de partie civile. L'avocat Pascal Wilhelm, successeur de Patrice de Maistre en tant que gestionnaire de fortune, Carlos Cassina-Vejarano, l'ancien gestionnaire de l'île d'Arros aux Seychelles, propriété de Liliane Bettencourt ainsi que deux notaires, Patrice Bonduelle et Jean-Michel Normand, comparaissent également. (Claude Canellas, édité par Yves Clarisse)


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