France-Onzième journée anti loi-Travail sur fond d'essoufflement

le , mis à jour à 20:18
0
    * Nouvelle manifestation sous haute surveillance à Paris 
    * Syndicats et patronat reçus mercredi et jeudi par Valls 
    * La CGT annonce une "journée d'actions" le 5 juillet 
 
 (Actualisé avec communiqué de la préfecture de police) 
    PARIS, 28 juin (Reuters) - Plusieurs milliers d'opposants au 
projet de loi Travail se sont retrouvés mardi dans la rue pour 
la 11e journée d'une mobilisation qui tend à s'essouffler, à 
l'approche d'un nouvel examen de ce texte par l'Assemblée 
nationale. 
    Après avoir menacé la semaine dernière d'interdire toute 
nouvelle manifestation risquant de dégénérer en affrontements à 
Paris, le gouvernement a autorisé un défilé sur un itinéraire 
court mais proposé par la CGT, Force ouvrière et cinq autres 
organisations syndicales et de jeunesse. 
    Le cortège parisien a rassemblé "plus de 55.000 personnes", 
selon la CGT et Force ouvrière, tandis que la préfecture de 
police en dénombrait entre 14.000 et 15.000. 
    La manifestation de jeudi dernier dans la capitale avait 
rassemblé entre 19.000 et 20.000 personnes, selon la police, et 
60.000 d'après les organisateurs.  
    Pour l'ensemble de la France, le ministère de l'Intérieur a 
dénombré près de 65.000 manifestants, contre 70.000 jeudi 
dernier, tandis que la CGT en revendique 200.000; 81 personnes 
ont été interpellées sur tout le territoire, a-t-il précisé.  
    Un important dispositif de sécurité, similaire à celui 
déployé pour la manifestation de la semaine dernière, encadrait 
le défilé parisien, avec le déploiement de 2.500 policiers et 
gendarmes pour prévenir l'intrusion de "casseurs".   
    A Paris, 41 personnes ont été interpellées lors des 
filtrages opérés en amont et au cours de la manifestation, de la 
Bastille à la place d'Italie, a indiqué la préfecture de police. 
    "Aucune dégradation à l'exception de plaques de protection 
en bois d'un abribus (...) n'a été constatée", précise la 
préfecture dans un communiqué. 
    Un manifestant a été très légèrement blessé, il souffre de 
contusions, ajoute-t-elle. 
    Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a promis 
d'autres mobilisations d'ici la rentrée, soulignant qu'une 
"nouvelle journée d'actions" était ainsi prévue le 5 juillet. 
    "C'est possible qu'il y ait d'autres manifestations (...). 
Tout l'été, il y aura des initiatives pour bien préparer la 
rentrée", a-t-il dit au départ du cortège parisien. 
    En province, les cortèges étaient tous très maigres, au 
point que les manifestants de Toulouse ont renoncé à se compter. 
A Marseille, les manifestants étaient 38.000 selon la CGT, et 
3.000 d'après la police, une affluence légèrement en baisse par 
rapport à jeudi dernier. De 1.650 personnes, selon la préfecture 
à 7.000, selon les syndicats, ont défilé à Bordeaux.  
     
    LA CFDT EXHORTE VALLS À TENIR BON 
    La CGT a remis mardi matin à l'Elysée les 704.129 bulletins 
de sa votation citoyenne, avec une expression de 91,99% pour le 
retrait du projet de loi Travail. 
    Cette journée de mobilisation intervenait le jour du vote 
solennel du Sénat sur un projet de loi réécrit par la majorité 
sénatoriale de droite dans un sens beaucoup plus libéral que 
celui sur lequel le Premier ministre, Manuel Valls, a engagé sa 
responsabilité en première lecture à l'Assemblée nationale. 
  
    Le gouvernement a annoncé qu'il rétablirait cette version 
lors de son retour en juillet en deuxième lecture devant les 
députés et qu'il n'en modifierait pas la "philosophie". 
    Manuel Valls et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, 
recevront successivement mercredi et jeudi les principales 
organisations syndicales et patronales.  
    Mais les services du Premier ministre ont annoncé qu'il 
s'agissait de faire le point sur le texte sorti du Sénat et la 
suite du processus, pas de rouvrir des négociations.  
    Si des "évolutions" sont possibles, il ne faut pas attendre 
de changements fondamentaux, notamment concernant l'article 2, 
qui instaure la primauté des accords d'entreprise sur les 
conventions de branches et interprofessionnelles. 
    Cette "inversion de la hiérarchie des normes" est un des 
points les plus contestés, comme l'a rappelé mardi le secrétaire 
général de FO sur Radio Classique.   
    Jean-Claude Mailly a dit espérer encore que Manuel Valls 
annoncerait des modifications au texte, notamment pour garantir 
le rôle des branches professionnelles. 
    "C'est bien qu'on soit reçus, mais il faut des réponses aux 
questions qu'on pose", a dit Philippe Martinez. "Ce n'est pas 
une visite de courtoisie". 
    Lui aussi a insisté sur le "problème" de l'inversion de la 
hiérarchie des normes. "Il doit y avoir un cadre collectif. Ça 
ne peut pas être entreprise par entreprise", a-t-il dit.  
    Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui 
soutient le projet de loi adopté en première lecture par les 
députés, comme la CFTC et l'Unsa, exhorte au contraire Manuel 
Valls à tenir bon, en particulier sur l'article 2. 
    Il s'oppose notamment à ce qu'un droit de regard soit donné 
aux branches professionnelles sur les accords d'entreprise, que 
ce soit a priori ou a posteriori. 
    "La CFDT, s'il y avait un recul du gouvernement sur 
l'article 2, serait évidemment vent debout et complètement 
opposée", a dit Laurent Berger sur France 2. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec service France, édité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant