France-"Nuit debout" en question après des débordements à Paris

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    * Huit interpellations dans la capitale 
    * Six agences bancaires dégradées 
    * Un mouvement incompatible avec l'état d'urgence, dit 
Fillon 
    * Royal défend une initiative "constructive" 
    * Le mouvement gagne la province 
 
    PARIS, 10 avril (Reuters) - Des voix commencent à s'élever, 
à droite et à gauche, pour demander la dissolution de "Nuit 
debout", un mouvement né le 31 mars à Paris qui essaime dans 
toute la France et dont la dixième édition, dans la nuit de 
samedi à dimanche, a été marquée par des violences dans la 
capitale. 
    L'ancien Premier ministre François Fillon, candidat à 
l'investiture à droite pour la présidentielle de 2017, a jugé 
que la poursuite de "Nuit debout", qui dépasse désormais la 
seule opposition au projet de réforme du Code du travail, 
"n'était pas compatible avec l'état d'urgence". 
    François Vauglin, maire socialiste du XIe arrondissement de 
Paris, où se déroule "Nuit debout", s'est prononcé pour sa part 
sur BFM TV pour l'évacuation de la place de la République.  
    Huit personnes ont été interpellées dans la nuit de samedi à 
dimanche à Paris pour des dégradations et des jets de 
projectiles à la suite d'une série de débordements, à tel point 
qu'un responsable de "Nuit debout", place de la République, a 
demandé le concours de la police pour assurer la sécurité du 
site, a précisé la préfecture de police dans un communiqué. 
    Trois cents à 400 personnes ont tenté en outre samedi soir 
de se rendre au domicile privé du Premier ministre Manuel Valls, 
dans le XIe arrondissement, alors qu'il se trouvait en visite en 
Algérie. Elles ont été bloquées par les forces de l'ordre qui 
ont fait usage de gaz lacrymogènes. 
    "Ce qui est préoccupant, c'est de voir des groupes 
d'extrémistes violents se mêler à des personnes qui ne sont pas 
sur cette ligne-là", a déclaré sur BFM TV le préfet de police 
Michel Cadot, qui s'inquiète de la multiplication des 
"dérapages". 
     
    "TREMBLEZ BOURGEOIS" 
    Des pierres ont été jetées sur la façade du commissariat du 
XIe arrondissement, deux véhicules de police ont été fortement 
endommagés, indique la préfecture de police. 
    Des casseurs s'en sont pris à six agences bancaires,  
boulevard Voltaire, à une agence d'intérim et à une agence de 
mutuelle : des vitrines ont été brisées, des distributeurs 
automatiques de billets dégradés et des slogans tels que 
"Tremblez bourgeois, le peuple n'a plus peur" tagués. 
    Selon la préfecture, des manifestants sont parvenus à 
s'introduire dans trois des banques. Une Autolib a ensuite été 
incendiée près de la place de la République et les forces de 
l'ordre ont été la cible de jets de pierre dans ce secteur. 
    "Il va falloir commencer à réfléchir à l'évacuation de cette 
place", a déclaré François Vauglin sur BFM TV. Le mouvement 
"Nuit debout" est soutenu par la maire socialiste de Paris Anne 
Hidalgo. 
    François Fillon, qui a dit "comprendre la colère des gens de 
gauche", s'est déclaré "profondément choqué que d'un côté on ait 
l'état d'urgence, dont on nous explique qu'il est absolument 
indispensable et qu'il faut le prolonger pendant des années, et 
de l'autre côté qu'on tolère ce type de rassemblements". 
    "C'est un mouvement qui n'est pas compatible avec l'état 
d'urgence. Il faut savoir ce qu'on veut : il y a des 
manifestations qui ont été interdites parce qu'elles gênaient le 
gouvernement, au nom de l'état d'urgence, là je vois qu'en 
l'occurrence on n'y touche pas", a-t-il ajouté au "Grand 
Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-iTELE. 
     
    "ILS DOIVENT ÊTRE ENTENDUS" 
    L'une de ses concurrentes pour l'investiture présidentielle, 
Nathalie Kosciusko-Morizet, estime au contraire dans Le Journal 
du Dimanche qu"'il faut aller place de la République". "La 
droite comme la gauche se trompe sur ce mouvement, (...) c'est 
une génération qui se pose des questions". 
    La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a défendu 
dimanche l'initiative "de jeunes très paisibles, constructifs" 
lui rappelant son concept de "démocratie participative". 
    "Il ne faut pas tout mélanger", a-t-elle plaidé au "Grand 
Jury" RTL-Le Figaro-LCI. 
    "Il y a une partie de jeunes qui viennent pour casser, 
ceux-là ils n'ont rien à faire place de la République, il y a 
une partie de jeunes bienveillants qui viennent là pour se 
parler, pour s'expliquer, pour partager, ceux-là ils doivent 
être respectés, ils doivent être entendus", a-t-elle dit. 
    "Il doit y avoir un débouché législatif qui leur donne 
satisfaction au sens où il faut leur donner un désir d'avenir", 
a-t-elle poursuivi, en évoquant le projet de loi Travail. 
    Manuel Valls reçoit lundi les organisations de jeunesse pour 
leur formuler une série de propositions. 
    Le Front national demande dimanche au chef du gouvernement 
de retirer le projet de loi Travail et de "faire respecter 
l'ordre républicain dans les rues de France". 
    "Les milices d'extrême gauche qui sèment régulièrement le 
chaos dans nos villes (...) bénéficient manifestement de la part 
du Premier ministre Valls d'une forme évidente de complaisance", 
peut-on lire dans un communiqué. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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  • M940878 il y a 8 mois

    juste des 'chances' on s'en fout