France-Noyer dit ne jamais avoir reçu "d'instruction" de Pérol

le , mis à jour à 12:03
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par Chine Labbé PARIS, 25 juin (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a assuré jeudi n'avoir jamais reçu "d'instruction" des pouvoirs publics sur l'aide à apporter en 2008 et 2009 aux Banques populaires et aux Caisses d'épargne lors de leur rapprochement. Christian Noyer, selon qui l'idée de relancer le processus de mariage entre les deux banques vient de ses services et non d'une "impulsion politique", a toutefois reconnu ne pas avoir été "dans le secret" des réunions au plus haut niveau de l'Etat. Il était entendu comme témoin au procès pour prise illégale d'intérêts de François Pérol, actuel président du directoire de BPCE, maison mère de la banque Natixis CNAT.PA . Ce dernier est soupçonné d'avoir pris en 2009 la tête de BPCE après avoir été associé "de manière étroite" aux négociations sur la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne quand il était conseiller auprès de Nicolas Sarkozy. Il lui est notamment reproché d'avoir émis des avis auprès des autorités compétentes sur le montant de l'aide qui serait accordée au futur groupe et sa structure juridique. "Le montant de l'aide a été calculé par nous et décidé formellement par le ministre des Finances", a déclaré jeudi Christian Noyer. "Je n'ai jamais reçu d'indication, d'instruction. Je n'ai aucun souvenir qu'il y ait eu quelque tentative que ce soit d'influence." Interrogé sur la nécessité d'une validation de la présidence, compte tenu du contexte de crise financière et des montants évoqués, le gouverneur de la Banque de France a indiqué qu'il informait régulièrement le secrétaire général de l'Elysée de l'évolution du dossier. PAS LE SENTIMENT D'UN PROBLÈME DÉONTOLOGIQUE "J'imagine que si le président de la République avait dit qu'il n'était pas question d'aider tel groupe, le ministre des Finances se serait retourné vers ses services", a-t-il dit. Mais "tout ce que nous avons élaboré techniquement a été repris par le ministère des Finances." Au président d'audience qui lui faisait remarquer qu'il ne savait pas forcément ce qui se passait entre le ministère des Finances et l'Elysée, et qu'il pouvait ne pas avoir été témoin d'une éventuelle validation, il a répondu : "Effectivement, je n'étais pas dans le secret des entretiens." Interrogé sur la nomination du secrétaire général adjoint de l'Elysée à la tête de BPCE, Christian Noyer a reconnu avoir été "surpris". Mais "déontologiquement, je n'ai pas eu le sentiment qu'il y avait un problème, sinon je lui aurais dit." Depuis le début de son procès, lundi, François Pérol conteste toute prise illégale d'intérêts, assurant n'avoir eu aucune "autorité décisionnelle" à l'Elysée. ID:nL8N0Z83GF Quand il recevait les dirigeants des banques, alors en pleine négociation sur leur rapprochement, il ne faisait que leur "taper sur la tête" et "relayer" les messages du ministère des Finances, seul arbitre des décisions liées à leur fusion, a-t-il insisté mercredi. ID:nL8N0ZA2KJ Son procès est prévu jusqu'au 2 juillet. Il encourt jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. (Edité par Yves Clarisse)


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