France-Nouvelles aides promises aux agriculteurs en colère

le , mis à jour à 19:08
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    * Valls confirme une baisse des cotisations sociales 
    * La FNSEA se félicite d'une avancée significative 
    * Les agriculteurs attendent les mesures de marché 
 
 (Actualisé avec fin du blocage de la rocade de Rennes) 
    PARIS, 17 février (Reuters) - Le Premier ministre Manuel 
Valls a promis mercredi de nouvelles aides nationales aux 
agriculteurs français frappés par la baisse des cours, qui 
maintiennent une forte pression sur le terrain dans l'attente de 
mesures européennes de soutien des prix. 
    Les cotisations sociales payées par les agriculteurs 
baisseront de sept points de façon "immédiate", a-t-il annoncé, 
estimant cet effort à 500 millions d'euros. 
    Le Premier ministre, qui s'exprimait lors des questions au 
gouvernement à l'Assemblée nationale après avoir reçu des 
organisations agricoles, a souligné qu'avec la baisse de trois 
points des cotisations famille en vigueur depuis janvier 2015, 
la baisse pour les agriculteurs était de dix points. 
    "Depuis le début de la crise, en 2015, c'est une baisse 
structurelle cumulée de charges personnelles de près de 730 
millions d'euros", a-t-il ajouté. 
    Le Premier ministre a précisé que les agriculteurs dont le 
revenu de l'an dernier avait été "très faible" pourraient 
bénéficier d'une "année blanche sociale par report automatique 
d'un an, reconductible dans la limite de trois ans, sans aucune 
démarche de l'agriculteur, sans pénalité, ni intérêt de retard, 
de toutes les cotisations 2016". 
    Cette mesure fait suite à l'annonce, mardi, par les 
enseignes françaises de la grande distribution de leur 
participation à un fonds de solidarité de 100 millions d'euros 
en faveur des éleveurs porcins.   
    La France prépare également des propositions qui pourraient 
déboucher en mars sur des mesures européennes en faveur des 
éleveurs et a annoncé un étiquetage national de l'origine des 
produits transformés si l'Europe le refuse.   
    Manuel Valls a demandé à la FNSEA, premier syndicat 
agricole, d'appeler les agriculteurs à lever les barrages. 
     
    HEURTS A RENNES 
    Xavier Beulin, le président de la fédération, a appelé les 
agriculteurs au calme en réservant un accueil positif aux 
mesures nationales mais il a refusé d'appeler à cesser les 
mobilisations car il faut encore selon lui que l'Europe agisse 
et que les négociations commerciales qui s'achèveront le 29 
février se traduisent par des prix corrects. 
    "Les paysans à la base n'en peuvent plus, manifestent leur 
colère. J'appelle néanmoins à un retour au calme, manifestation 
ne veut pas dire dégradation", a-t-il dit lors d'une conférence 
de presse. 
    Il a jugé que l'annonce de Manuel Valls sur les cotisations 
constituait une "avancée significative" pour la compétitivité. 
    "Il y a une vraie prise en compte aujourd'hui que ce 
handicap de compétitivité, il faut le traiter". 
    Sur le terrain, la mobilisation est restée forte mercredi. 
    Des heurts ont éclaté dans l'après-midi aux abords de la 
préfecture de Région à Rennes entre forces de l'ordre et 
agriculteurs, en marge de la manifestation organisée sur la 
rocade de la ville, a t-on appris auprès de la préfecture. 
    Une soixantaine d'engins se sont rassemblés en début 
d'après-midi devant la préfecture où ont été déversés divers 
détritus agricoles auxquels les manifestants ont mis le feu. Des 
jets de pommes de terre et de gaz lacrymogènes ont été échangés 
entre forces de l'ordre et manifestants. 
    L'un des manifestants a été interpellé après avoir enfoncé 
une grille en tentant de pénétrer avec son véhicule dans 
l'enceinte du bâtiment. Après sa libération, les agriculteurs 
ont quitté la rocade de Rennes, où étaient rassemblés depuis 
mercredi matin environ 500 tracteurs venus de tout l'Ouest. 
    A Poitiers, une cinquantaine d'agriculteurs ont occupé 
mercredi les locaux de la Direction départementale des 
territoires (DDT) à Poitiers, dans la Vienne. 
    "On va continuer d'occuper les locaux tant que ça ne bougera 
pas de manière significative", a indiqué à Reuters Michel 
Caillé, le secrétaire général de la FDSEA de la Vienne. 
    Une centaine d'agriculteurs de la Haute-Garonne ont bloqué 
mercredi le supermarché Leclerc de Roques-sur-Garonne pour 
demander une meilleure rémunération de leur travail.  
     
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Pierre-Henri Allain à Rennes, Julie 
Rimbert à Toulouse et Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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