France-Nouvelle mobilisation de jeunes contre la loi Travail

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    PARIS, 5 avril (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes 
ont une nouvelle fois manifesté mardi à travers la France à 
l'appel de 23 organisations de jeunes contre le projet de loi 
Travail, jour du début de l'examen en commission à l'Assemblée 
nationale.  
    Après le succès de la mobilisation du 31 mars, qui a réuni 
390.000 à 1,2 million de personnes, selon les sources, étudiants 
et lycéens maintiennent la pression, dans l'attente d'une 
nouvelle journée d'action avec les salariés le 9 avril. 
    A Paris, un premier cortège d'une centaine de lycéens est 
parti de la place de la Nation dans la matinée pour rejoindre à 
13 heures les mouvements étudiants sur la place de la Bastille. 
A Marseille, la rue de Rome voyait défiler dans la matinée un 
cortège fourni. 
    Selon la Fédération indépendante et démocratique lycéenne 
(FIDL), 25 lycées étaient bloqués ce mardi à Paris, et 35 en 
banlieue. 
    Premier incident de la journée de manifestation, des feux de 
poubelle ont été allumés mardi matin devant le lycée Léonard de 
Vinci à Levallois-Perret, rapporte le Parisien.  
    En dépit du recul du gouvernement, qui a supprimé plusieurs 
dispositions clés de son texte, les opposants qui ont multiplié 
les défilés depuis le début mars réclament toujours le retrait 
pur et simple du projet.  
    "Le message de la jeunesse est clair, ce projet de loi 
Travail ne correspond pas à son projet de société", écrit ainsi 
l'Union nationale lycéenne (UNL). 
    "Le gouvernement compte sur les vacances pour affaiblir la 
mobilisation étudiante: au contraire, nous profiterons de cette 
période pour la renforcer", déclare pour sa part la Coordination 
nationale étudiante récemment créée.    
    Le gouvernement, qui redoute un emballement de la 
contestation des jeunes, s'est dit "prêt à regarder" certaines 
propositions de l'Unef, la principale organisation étudiante.    
    Les ministres Najat Vallaud-Belkacem (Education) Myriam El 
Khomri (Travail) et Patrick Kanner (Jeunesse) doivent recevoir 
mercredi les principales organisations pour discuter notamment 
de la question de l'accès des jeunes au marché du travail. 
         
    "NUIT DEBOUT" 
    Toutefois, une partie des jeunes mobilisés veulent 
s'affranchir de la tutelle des syndicats et des mouvements de 
jeunes des partis politiques pour lancer une démarche citoyenne 
à l'image du mouvement des indignés en Espagne en 2011.  
    La Coordination nationale étudiante, qui se dit mandatée par 
70 universités, appelle ainsi à diversifier les formes d'action 
dans l'esprit du mouvement "Nuit Debout", né à l'issue de la 
journée de mobilisation de jeudi dernier.  
    Des centaines de personnes ont occupé dans la nuit de lundi 
à mardi la place de la République pour la cinquième fois 
consécutive avec l'intention d'élargir les revendications et de 
créer un "sursaut citoyen".  
    Après Paris, "Nuit Debout" doit gagner mardi soir des villes 
de province, notamment Toulouse, Strasbourg et Rennes.  
    Les organisations dénoncent la répression policière, une 
critique alimentée par le renvoi en correctionnelle d'un 
policier accusé de violences sur un lycéen le 24 mars et 
plusieurs enquêtes visant des fonctionnaires.      
 
 (Gérard Bon et Julie Carriat, édité par Yves Clarisse) 
 
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