France-Nouvelle manifestation de policiers à Marseille

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    MARSEILLE, 2 novembre (Reuters) - Deux à trois cents 
policiers se sont à nouveau rassemblés mercredi devant la 
préfecture de Marseille pour marquer leur désaccord avec le 
gouvernement et leur défiance vis-à-vis de leurs syndicats. 
    En dépit des mesures annoncées la semaine dernière par le 
gouvernement, la contestation des policiers de base persiste. 
Plusieurs centaines de fonctionnaires se sont ainsi rassemblés 
mardi soir devant la pyramide du Louvre à Paris. 
    La veille, environ 500 personnes, dont la moitié environ de 
policiers, avaient manifesté à Béziers. 
    A Marseille, une délégation a été reçue en préfecture pour 
remettre les doléances des frondeurs au préfet de police, 
Laurent Nunez. 
    En civil dans leur grande majorité, épaulés par une 
vingtaine d'équipages en tenue dans leurs véhicules de fonction, 
les manifestants ont brandi quelques drapeaux tricolores où l'on 
pouvait lire "policiers en colère". 
    "L'une de nos principales revendications est la remise à 
plat de la légitime défense que l'on veut voir alignée sur celle 
des gendarmes", a affirmé l'un d'eux, Sébastien.  
    "Il n'y a rien de nouveau dans les promesses du 
gouvernement, qui ne cherche qu'à gagner du temps dans l'espoir 
de voir le mouvement s'essouffler", a-t-il ajouté. 
     Dans la manifestation ont également circulé des lettres 
types de résiliation d'adhésion aux divers syndicats.  
     
     VERS LA CRÉATION D'UNE ASSOCIATION 
     Plusieurs animateurs du mouvement au niveau étudient la 
création d'une association pour "être enfin écoutés" au travers 
d'une structure transparente. 
     "Elle doit être hors politique et hors syndicat. On n'est 
plus en accord ni avec les uns, ni avec les autres. L'écart est 
devenu trop grand entre leurs paroles et leurs actes", résume 
Thierry, gardien de la paix à Marseille. 
     Depuis le 17 octobre, le mouvement animé par des collectifs 
hostiles aux organisations syndicales s'est manifesté 
essentiellement lors de rassemblements nocturnes auxquels se 
joignent des pompiers et policiers municipaux. 
     Si les syndicats de police reçus mercredi dernier par 
François Hollande se sont montrés satisfaits du plan du 
gouvernement, les policiers frondeurs estiment n'avoir été qu'en 
partie entendus. 
     L'étincelle de la contestation policière est partie d'une 
attaque au cocktail Molotov, le 8 octobre, à Viry-Châtillon 
(Essonne) qui a grièvement blessé deux policiers. 
     Dénonçant les attaques violentes dont ils font l'objet, les 
policiers réclament plus de moyens, des conditions de travail 
plus dignes et moins de pression de la part de la hiérarchie. 
    Presqu'un an jour pour jour après avoir répondu à une 
précédente grogne policière par un protocole de plusieurs 
centaines de millions d'euros, le gouvernement a annoncé un plan 
de sécurité publique de 250 millions d'euros. 
    Outre les mesures visant à rénover les équipements et les 
commissariats, il prévoit la suppression de tâches dites indues, 
un durcissement des sanctions pour outrage aux forces de 
l'ordre, une meilleure protection de leur anonymat, et une 
évolution des conditions de la légitime défense. 
 
 (Jdean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M7166371 il y a 3 mois

    revendications 100% légitimes