France-Nouveau test dans la rue pour la loi Travail

le
1
    * FO, la CGT et les organisations de jeunes mobilisées 
    * Ils espèrent faire mieux que le 9 mars 
    * Un front syndical pas uni, souligne Myriam El Khomri 
 
    PARIS, 31 mars (Reuters) - Le gouvernement et les syndicats 
anticipent une participation massive aux manifestations prévues 
ce jeudi partout en France à l'appel d'organisations de salariés 
et de jeunesse pour exiger le retrait du projet de réforme du 
Code du travail. 
    Si la CFDT a bien accueilli les modifications apportées au 
texte pour apaiser la contestation, la dernière mouture du 
projet de loi porté par la ministre du Travail, Myriam El 
Khomri, cristallise encore les critiques. 
    "L'objectif, c'est déjà de faire mieux que le 9 mars. (...) 
Je pense que ce sera atteint", a déclaré sur Europe 1 
Jean-Claude-Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, en 
début de matinée. 
    Lors de la première journée de ce genre, le ministère de 
l'Intérieur avait compté 224.000 personnes dans les rues et les 
syndicats de 400.000 à un demi-million.  
    Plus de 260 rassemblements sont cette fois recensés sur le 
site de la pétition "Loi Travail: non, merci !". 
    "On s'attend à une mobilisation importante. La CGT se 
prépare depuis plusieurs semaines, la SNCF est mobilisée", 
disait-on mercredi dans l'entourage du Premier ministre, Manuel 
Valls. 
    "En même temps, nous sommes désormais dans une autre phase 
qui est celle de l'examen parlementaire, avec un travail 
d'enrichissement du texte sans remettre en cause sa portée 
réformatrice", dit-on de même source. 
    La journée est censée constituer le point culminant des 
manifestations des opposants à la réforme, qui ont battu le pavé 
une première fois le 9 mars, avant les journées de mobilisation 
à l'initiative des mouvements lycéens et étudiants les 17 et 24 
mars. 
     
    DE NOUVELLES JOURNÉES PAS EXCLUES 
    Les organisations ayant appelé à la mobilisation et à la 
grève - CGT, FO, FSU, Solidaires pour les salariés et Unef, UNL 
et Fidl pour les étudiants et lycéens - n'excluent pas de 
prolonger le mouvement, en fonction de la réaction du 
gouvernement. 
    "Il y a une certitude: sans réponse du pouvoir politique, on 
continuera cette mobilisation la semaine prochaine", a dit jeudi 
matin William Martinet, président de l'Unef, sur France Info. 
    Selon lui, seul un retrait du texte, préalable à de 
nouvelles négociations, pourra satisfaire les organisations 
syndicales les plus opposées à cette réforme.  
    Faute de réponse de l'exécutif à l'issue de cette journée, 
elles inviteront "à débattre de la poursuite de l'action dans 
les jours suivants et à renforcer les mobilisations, y compris 
par la grève et les manifestations", ont-elles fait savoir dans 
un communiqué commun. 
    Mais le gouvernement ne compte pas abandonner sa réforme. 
    "Qu'il y ait (...) des organisations syndicales qui 
utilisent le droit de grève et le droit de manifester, c'est 
légitime. Que la jeunesse fasse part de son exaspération, c'est 
légitime aussi", a déclaré Myriam El Khomri sur BFM TV. 
    Mais la ministre a souligné dans le même temps que les 
grévistes se mobilisaient sur des mots d'ordre spécifiques dans 
certains secteurs, comme les transports, et que le front 
syndical n'était pas uni. 
    La mobilisation devait entraîner des perturbations dans les 
transports, la SNCF prévoyant des difficultés dans la 
circulation des TGV (sauf sur l'axe Est) et anticipant un TER 
sur deux en moyenne en région. Le trafic sera en revanche normal 
pour les trains internationaux Eurostar, Thalys et Lyria. 
    La RATP prévoit un train sur deux pour les RER A et B et 
trois rames sur quatre en moyenne pour les métros. 
    Le secteur aérien ne sera pas épargné et 20% des vols ont 
été annulés à Orly et un tiers à l'aéroport de Marseille, a 
annoncé la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).     
    Le projet de loi, qui entend donner plus de place à la 
négociation collective dans les entreprises et les branches 
professionnelles pour renforcer la compétitivité et développer 
l'emploi, a été présenté la semaine dernière en conseil des 
ministres et doit maintenant être examiné par le Parlement. 
     
 
 (Myriam Rivet, Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4189758 il y a 8 mois

    JPi _ Loi du travail : Les augmentations des bas salaires devraient être scotchés aux augmentations des gro sal airs