France-Nouveau report de la justice dans le dossier de la SNCM

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* Baja Ferries obtient un délai pour présenter son offre * Son principal concurrent regrette ce nouveau délai * La direction de la SNCM parle de "surprise" MARSEILLE, 14 octobre (Reuters) - Le tribunal de commerce de Marseille a renvoyé mercredi au 28 octobre l'audience qui doit lui permettre d'examiner les offres de reprise pour la compagnie maritime SNCM placée en redressement judiciaire en novembre dernier. Ce report, de nouveau demandé par le procureur de la République Brice Robin, est assorti d'une possible "amélioration des offres", ce qui n'était pas le cas dans le précédent renvoi. Corsica Maritima, un consortium d'entreprises corses qui faisait figure de favori après le retrait de l'offre du spécialiste du froid STEF (voir ID:nL8N12C2RF ), a peu apprécié cette décision. "C'est un renvoi qui n'a pas de justification juridique rationnelle. On change la règle en cours de jeu, il doit bien y avoir quelqu'un que cela arrange " a dénoncé Olivier de Juvigny, son avocat. Ce nouveau délai pourrait permettre à Baja Ferries, qui devait reprendre les liaisons de la SNCM sur le Maghreb dans la défunte offre conjointe avec STEF, de peaufiner son positionnement sur l'ensemble des activités de la compagnie. "La raison a parlé. Ce n'est pas une victoire, c'est juste la loi qui est respectée", a dit le président de Baja Ferries, Daniel Berrebi, à la sortie du tribunal. "Nous sommes le seul armateur de ferries qui a les moyens financiers de reprendre la SNCM." Les deux autres offres de reprise émanent du transporteur corse Patrick Rocca et de la société d'investissement Med Partner de Christian Garin, l'ancien président du port. La direction de la SNCM a qualifié de "surprise" la décision du tribunal qui ne remet pas en cause, selon elle, l'avenir immédiat de la compagnie à la sortie d'une saison estivale qui a permis d'assainir les caisses de l'entreprise. "C'est une décision surprise, mais on peut comprendre que la justice trace son chemin dans un dossier complexe et difficile à appréhender", a dit le président du directoire de la SNCM, Olivier Diehl. 1.400 CDI EN JEU L'offre de Corsica Maritima, qui prévoit la reprise d'environ 800 salariés sur plus de 1.400 CDI aujourd'hui, s'appuie sur un financement sécurisé de 36,5 millions d'euros garanti par un pool bancaire et par une quinzaine de dirigeants d'entreprises qui s'engagent sur leurs biens personnels. Le projet prévoit également "105 entreprises associées" essentiellement localisées en Corse qui pèsent, selon les intéressés, un milliard d'euros de chiffre d'affaires. Le consortium a aussi reçu un soutien de taille, celui du président de la compagnie maritime française Brittany Ferries, Jean-Marc Roué. Il s'est dit prêt à devenir membre d'honneur du conseil d'administration de la société corse pour "participer à la continuité de cette entreprise". Baja Ferries, armateur français basé à Miami, dit avoir obtenu un "financement de 50 millions de dollars auprès de financeurs externes" qui viennent s'ajouter à la "trésorerie conséquente de Baja ferries", de l'ordre de 29 millions d'euros. Les offres de tous les repreneurs potentiels sont conditionnées à la résolution des contentieux européens qui pèsent lourdement sur l'avenir de la compagnie maritime, dont l'actionnaire majoritaire est Trandev, coentreprise entre Veolia VIE.PA et la Caisse des dépôts. Il s'agit des quelque 440 millions d'euros d'aides publiques accordées dans le passé par l'Etat que la Commission européenne juge illégales et dont elle réclame le remboursement, sauf s'il y a cessation d'activité et reprise de l'entreprise dans un périmètre plus réduit, de manière à préserver la concurrence. (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)


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