France-Nouveau conflit juridique dans l'affaire Vincent Lambert

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    PARIS, 9 mars (Reuters) - Le juge des tutelles de Reims 
(Marne) a désigné jeudi l'épouse de Vincent Lambert, patient 
tétraplégique dans un état végétatif dont le sort déchire sa 
famille, tutrice de son mari pour dix ans, une décision que 
contestent les parents du jeune homme. 
    Le CHU de Reims, où est soigné Vincent Lambert, 39 ans, 
depuis un grave accident de la route en septembre 2008, avait 
demandé en juillet dernier la nomination d'un référent légal 
pour le patient afin d'examiner dans la "sérénité" un éventuel 
arrêt des traitements.   
    L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, installée depuis trois 
ans en Belgique pour protéger leur fille, dit-elle, de la 
pression médiatique et familiale, est favorable à l'arrêt des 
soins, appuyée par une partie de la famille. 
    Les parents de Vincent Lambert et son demi-frère s'opposent 
catégoriquement à une telle procédure. Ils jugent que l'ancien 
infirmier est handicapé et plaident pour son transfert dans un 
établissement spécialisé. 
    Par deux fois, les médecins ont décidé d'un arrêt des soins, 
avec l'assentiment du Conseil d'Etat et de la Cour européenne 
des droits de l'Homme, mais les parents ont formé à chaque fois 
un recours judiciaire. 
    La décision rendue jeudi n'a aucune incidence sur le 
processus médical mais permettra au CHU de Reims de trouver en 
Rachel Lambert, jusqu'ici habilitée à représenter son mari au 
titre du régime patrimonial, "un interlocuteur direct", a 
justifié son avocate, Me Sara Nourdin. 
     
    "SIDÉRANT" 
    La juge souligne dans sa décision, dont Reuters a eu 
connaissance, la "bienveillance" de Rachel Lambert à l'égard de 
son conjoint et estime que "l'hypothèse d'un désintérêt (...) 
n'est pas démontrée". 
    Les parents de Vincent Lambert réclamaient la désignation 
d'un tiers extérieur à la famille "afin d'empêcher une confusion 
entre sa vie privée et sa vie publique". La juge a considéré 
qu'un tuteur extérieur aurait entraîné une "intrusion 
supplémentaire dans leur vie privée de couple". 
    L'Union départementale des associations familiales (UDAF) a 
été choisie comme "subrogé tuteur" pour assister Rachel Lambert 
et permettre "une décision éclairée d'un regard professionnel". 
    "Rachel Lambert est soulagée. Le juge a reconnu par cette 
mesure de protection juridique qu'elle était la mieux à même de 
représenter son époux et de le protéger", a dit à Reuters son 
avocate. "Elle espère que cela va un peu apaiser les choses". 
    Mais les parents de Vincent Lambert ont annoncé jeudi faire 
appel de la décision "sidérante" du juge des tutelles. 
    "La juge prend acte de l'opposition farouche entre deux 
parties de la famille (...) et elle nomme une de ces parties 
contre l'autre. C'est contraire au bon sens et au droit, même", 
a dit à Reuters leur avocat, Me Jérôme Triomphe. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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