France-Non-lieu dans l'affaire des moudjahidine du peuple

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PARIS, 17 septembre (Reuters) - Neuf Iraniens proches de l'Organisation des moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI) mis en examen pour des délits financiers ont bénéficié d'un non-lieu, plus de dix ans après le début de l'enquête, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. En juin 2003, près de 170 personnes avaient été arrêtées par la police au siège du Conseil national de la résistance iranienne à Auvers-sur-Oise (Val d'Oise), dont l'OMPI est membre. Dans un premier temps, 24 individus avaient été mis en examen pour terrorisme avant que cette piste soit abandonnée. Les neuf mis en examen étaient soupçonnés de délits financiers dont blanchiment et escroquerie. Pour Me William Bourdon, l'un des avocats de la défense, "ce non-lieu, c'est l'indépendance de la justice tardivement retrouvée." "Il était plus que temps de mettre fin à une criminalisation totalement injuste dont la durée est en soi exceptionnelle", a-t-il dit à Reuters. "Il a fallu l'action scrupuleuse de Monsieur Trévidic (le juge anti-terroriste qui a remplacé le juge Bruguière en 2009, NDLR) pour mettre un terme à un grave dysfonctionnement, c'est-à-dire la complaisance de la justice française face aux manipulations du régime des Mollahs." DOSSIER "HONTEUX", SELON L'OMPI Dans un communiqué, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne, Maryam Radjavi, qualifie cette décision de victoire de la justice. "Ce dossier honteux était dès le début le fruit d'un marchandage ignoble avec le fascisme religieux au pouvoir en Iran destiné à 'anéantir' la juste résistance démocratique du peuple iranien pour le renversement du régime des mollahs, parrain du terrorisme et de l'intégrisme dans le monde", écrit-elle. "Aujourd'hui, la justice française admet le fait que la résistance des Moudjahidine du peuple dans le cadre de l'Armée de la libération nationale de l'Iran mais aussi leurs opérations à l'intérieur de l'Iran, relève d'une résistance légitime et non du terrorisme", ajoute-t-elle. L'OMPI, hostile au régime religieux au pouvoir à Téhéran depuis 1979, a mené une violente insurrection contre le Shah dans les années 1970 et organisé des attentats contre les intérêts américains L'organisation, qui a été retirée de la liste noire des organisations "terroristes" des Etats-Unis en 2012 et de l'Union européenne en 2009, dit aujourd'hui avoir renoncé à la violence et soutenir la démocratie. En juin 2014, le porte-parole du Quai d'Orsay a indiqué que la France n'avait "aucun rapport" avec l'OMPI et émettait des réserves face à "l'intense campagne d'influence et de désinformation qu'elle conduit". "Elle n'a pas d'existence légale en France en tant qu'organisation", a-t-il dit. "Son inspiration violente et non démocratique a conduit plusieurs organisations des droits de l'homme à rappeler ses pratiques à caractère sectaire et son refus de renoncer formellement à la violence." (Chine Labbé et John Irish, édité par Yves Clarisse)

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