France-Nicolas Sarkozy ne voit rien d'"immoral" dans le vote FN

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    par Claude Canellas 
    ROCHEFORT, Charente-Maritime, 8 décembre (Reuters) - Nicolas 
Sarkozy, qui défend depuis le premier tour des régionales sa 
stratégie consistant à ne pas trancher entre le Front national 
(FN) et la gauche, a jugé mardi que le vote en faveur de la 
formation d'extrême droite n'avait rien d'immoral.  
    Lors d'un meeting de soutien à ses candidats en 
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le président du parti Les 
Républicains (LR) a dit avoir pris "en conscience" la décision 
de ne pas retirer, ni fusionner ses listes dans les régions où 
le FN est en mesure de l'emporter au second tour, dimanche. 
    "Le vote FN n'est pas immoral", a lancé Nicolas Sarkozy lors 
de cette réunion à Rochefort (Charente-Maritime). "Le vote FN 
n'est pas un vote contre la République", a-t-il également 
affirmé. 
    Après avoir évoqué les attentats du 13 novembre à Paris et 
Saint-Denis, l'ancien président de la République a repris des 
thématiques susceptibles de séduire l'électorat du parti de 
Marine Le Pen.  
    Il a notamment assuré que, s'il avait soutenu l'état 
d'urgence, l'assignation à résidence et la déchéance de 
nationalité, il n'était pas question pour autant de taire toute 
critique à l'égard du gouvernement. 
    "Un pays qui se tait est un pays qui meurt", a-t-il jugé 
sous les applaudissements. 
    "La France n'en peut plus de colère, d'exaspération, 
d'angoisse. (...) Le peuple de France se demande si la France de 
toujours restera la France", a ajouté le président des 
Républicains. 
     
    "LA RURALITE SE SENT ABANDONNEE" 
    Toujours le regard tourné vers sa droite, Nicolas Sarkozy a 
affirmé qu'il avait été "le premier à parler des racines 
chrétiennes de la France", à dire que "les Français en ont assez 
qu'un groupe de voyous fasse régner la terreur dans certains 
quartiers" et que "la ruralité se sent abandonnée".  
    La stratégie de Nicolas Sarkozy ne fait pas l'unanimité dans 
son camp puisque les centristes, ainsi que l'ancien Premier 
ministre Jean-Pierre Raffarin et Nathalie Kosciusko-Morizet, 
numéro deux de LR, ont exprimé leur désaccord.     
    A Rochefort, Nicolas Sarkozy a également défendu l'alliance 
pour ces régionales avec les centristes de l'UDI et du Modem. 
    "J'ai voulu l'union parfaite dans toutes les régions de 
France", a-t-il dit à l'attention de ses alliés, indiquant que 
faire des différences entre les régions en fonction des 
résultats était "un problème de boutiquier".  
    "On a fait l'union pour diriger les régions mais cette union 
d'aujourd'hui doit être l'union de demain", a-t-il ajouté. 
    Dimanche dernier, la liste de droite et des centristes 
conduite dans le Sud-Ouest par Virginie Calmels est arrivée en 
deuxième position (27,2%) derrière celle menée par le président 
socialiste sortant en Aquitaine, Alain Rousset (30,4%), et 
devant celle du FN (23,2%). 
 
 (Edité par Simon Carraud) 
 
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  • M2266292 le mercredi 9 déc 2015 à 06:27

    Il y a des électeurs pour le FN, tous ces politicards qui protègent leurs privilèges sont capable de tout. Virons les 2/3 des élus par une révolution

  • delapor4 le mardi 8 déc 2015 à 23:44

    "Le vote FN n'est pas un vote contre la République" a dit ce soir Nicolas Sarkozy. Il est heureux que quelques-uns reprennent leur esprit !!!