France-Neuf ans de prison pour le frère d'un kamikaze du Bataclan

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    * Des peines allant de 6 à 9 ans de prison 
    * Karim Mohamed-Aggad fait appel 
    * Son avocate dénonce une décision "de la peur" 
 
 (Actualisé avec détails, réactions) 
    par Chine Labbé 
    PARIS, 6 juillet (Reuters) - Le tribunal correctionnel de 
Paris a condamné mercredi à neuf ans de prison le frère aîné 
d'un des tueurs du Bataclan, jugé à Paris pour avoir reçu un 
entraînement militaire au sein d'un groupe djihadiste en Syrie. 
    Au premier jour du procès, Karim Mohamed-Aggad, dont le 
petit frère Foued a attaqué la salle de spectacle parisienne le 
13 novembre 2015, avait demandé un "procès équitable", sans 
"amalgame". "On choisit ses amis, pas sa famille", avait-il dit. 
    Le parquet avait requis sa condamnation à dix ans de prison, 
soit la peine maximale encourue.  
    Son avocate, Me Françoise Cotta, a annoncé mercredi qu'elle 
ferait appel de sa condamnation. "C'est une décision de peur, 
rendue dans une France de la peur, par une juridiction qui est 
là pour répondre à la peur", a-t-elle dit à la presse.  
    "Je m'y attendais", a-t-elle toutefois ajouté. "Je pensais 
même que le tribunal n'aurait pas la coquetterie de nous faire 
cadeau d'un an, puisque les réquisitions étaient de dix ans. Je 
pense que c'est l'année qui donne bonne conscience aux 
magistrats." 
    Le tribunal a prononcé des peines allant de six à huit ans 
de prison à l'encontre des six autres prévenus, partis de 
Strasbourg vers la Syrie fin 2013 avant de rentrer en France en 
ordre dispersé début 2014. C'est moins que les réquisitions, qui 
étaient de dix ans pour trois d'entre eux, et huit ans pour les 
trois autres.  ID:nL8N18Y48T  
    Toutes les peines ont été assorties d'une période de sûreté 
des deux tiers, avec maintien en détention et inscription au 
fichier des auteurs d'infractions terroristes.  
     
    "ON PUNIT LA POTENTIALITÉ" 
    "C'est un délibéré qui dénote une forme de crispation de la 
société", a regretté Me Xavier Nogueras, dont le client a été 
condamné à huit ans de prison.  
    "Je pense encore qu'on punit malheureusement la potentialité 
d'un danger, ce qui dénote un recul de nos socles fondamentaux", 
a-t-il ajouté, rappelant que les sept prévenus avaient 
"fermement" condamné les attentats qui ont fait 130 morts le 13 
novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. "Ces gens vont sortir (de 
prison, NDLR) un jour. Dans quelle condition ? Je ne sais pas." 
    Les sept Alsaciens, âgés de 24 à 27 ans, étaient accusés 
d'avoir participé, courant 2013 et début 2014 -avant la 
proclamation de l'Etat islamique- à une filière d'acheminement 
de militants islamistes vers la Syrie, et d'avoir reçu un 
entraînement militaire au sein du groupe en Irak et au Levant. 
    Ils reconnaissaient avoir rejoint la Syrie avec l'aide du 
recruteur présumé Mourad Fares, mais contestaient avoir voulu y 
mener le djihad armé, et disaient avoir été piégés.  
    Certains assuraient que ce voyage avait "un but d'humanité", 
et visait à "aider leurs frères Syriens". D'autres, comme Karim 
Mohamed-Aggad, disaient avoir eu pour seule intention de 
combattre le régime de Bachar al Assad. 
    C'est à leurs côtés que Foued Mohamed-Aggad a rejoint la 
Syrie en décembre 2013 via la Turquie.  
    De ce groupe d'amis - dix à l'origine, dont deux sont morts 
sur place -, seul Foued, le plus jeune, est resté en Syrie. 
Avant de réapparaître, le 13 novembre 2015, au sein de l'équipée 
sanglante qui fera 90 morts dans la salle du Bataclan. 
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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