France-Négociations sur l'assurance chômage menacées d'enlisement

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    * Le projet d'accord du Medef heurte les syndicats 
    * L'épreuve de force sur la loi Travail pèse sur les 
discussions 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 29 mai (Reuters) - Les partenaires sociaux se 
retrouvent lundi pour une nouvelle session des négociations sur 
le renouvellement de la convention d'assurance-chômage menacées 
d'enlisement, patronat et syndicats campant sur leurs positions 
sur fond de tension sociale. 
    L'objectif est de redresser les comptes de l'assurance 
chômage, dont le déficit pourrait atteindre 3,6 milliards 
d'euros en 2016 et l'endettement dépasser 29 milliards à la fin 
de l'année, selon son organisme gestionnaire, l'Unedic. 
    Le Medef a transmis vendredi aux organisations syndicales un 
projet d'accord qui ne fait que reprendre des propositions déjà 
rejetées par les syndicats, notamment en matière de calcul des 
allocations et de traitement des seniors. 
    "C'est à se demander si le Medef ne cherche pas à faire 
capoter les négociations", a déclaré samedi à Reuters le 
négociateur de Force ouvrière (FO) Michel Beaugas, selon qui ce 
sentiment est partagé par ses homologues des autres syndicats.  
    "Le patronat n'a pas modifié d'un iota ses propositions", 
souligne-t-il, ce que l'on ne dément pas de source proche de la 
direction de l'organisation patronale. 
    Les modifications des modalités de calcul et de versement 
des allocations chômage proposées par le Medef reviennent, selon 
le négociateur de FO, "à faire 1,5 milliard d'euros d'économies 
exclusivement sur le dos des demandeurs d'emploi". 
    Rien en revanche sur la modulation des cotisations 
patronales en fonction de la nature et de la durée des contrats 
de travail pour enrayer le recours croissant aux contrats très 
courts en alternance avec des périodes de chômage indemnisé, un 
mécanisme demandé sous différentes formes par les syndicats. 
    "Le Medef n'a pas de mandat pour négocier la modulation des 
contributions et son conseil exécutif ne doit en décider que le 
13 juin", souligne Michel Beaugas.  
    Or sans dispositif sanctionnant le recours abusif aux 
contrats de travail très courts et sans avancée sur la question 
des seniors, il n'y aura pas d'accord, prédit-il. 
    Ces négociations se déroulent dans un climat plombé par 
l'épreuve de force entre le gouvernement et les opposants au 
projet de loi réformant le marché du travail, CGT et FO en tête. 
     
    INTERMITTENTS 
    Le négociateur du Medef, Jean Cerutti, a déclaré lors de la 
précédente session plénière, le 12 mai, que le contenu du texte 
porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, n'incitait 
pas le patronat à être "plus souple".   
    Le Medef estime que ce texte, dans la version actuellement 
examinée par le Parlement, n'aura pas d'impact positif sur 
l'emploi. Il n'est donc pas enclin à abaisser ses exigences en 
matière d'économies ou à "envisager des charges supplémentaires 
sur le travail sous quelque forme que ce soit", a-t-il expliqué. 
    Dans ces conditions, la session de lundi, censé à l'origine 
être conclusive pour permettre à la nouvelle convention Unedic 
d'être bouclée avant que celle de 2014 arrive à échéance le 30 
juin, ne commencera qu'à 15h00 et devrait être relativement 
courte, estime-t-on du côté syndical comme du côté patronal. 
    D'autant que des participants auront à coeur d'écouter le 
face-à-face, sur RTL, des secrétaires généraux de la CGT et de 
la CFDT, Philippe Martinez et Laurent Berger, sur la loi Travail 
et le mouvement social actuel, murmure-t-on au Medef. 
    Les délégations devraient essentiellement se pencher sur 
l'accord du 28 avril entre syndicats et professionnels du monde 
du spectacle sur le régime spécifique des intermittents. 
    Le comité d'experts chargé de vérifier la conformité de cet 
accord avec les objectifs fixés au niveau interprofessionnel 
dans une lettre de cadrage a rendu son rapport cette semaine.  
    Il évalue entre 84 et 93 millions d'euros par an les 
économies à attendre de l'application de cet accord, à comparer 
avec les 105 millions demandés par la lettre de cadrage. 
    L'accord du 28 avril doit maintenant être validé par les 
partenaires sociaux au niveau interprofessionnel pour être 
intégré à la future convention Unedic.  
    Mais toutes les parties jugent inéluctable une prolongation 
de l'actuelle convention, ce qui pose la question de la mise en 
oeuvre des nouvelles règles pour les intermittents du spectacle. 
    La CGT Spectacle a fait du report de leur entrée en vigueur 
un casus belli et exige du gouvernement la garantie qu'elles 
seront bien appliquées à partir du 1er juillet.   
 
 
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