France-Négociation sous haute tension sur le dialogue social

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* Des négociations pour faire sauter des verrous à l'embauche * Le Medef propose de simplifier le dialogue social par Emmanuel Jarry PARIS, 22 janvier (Reuters) - Les syndicats et la CGPME ont fait souffler jeudi un vent de pessimisme à l'ouverture de ce qui est censé être la dernière séance de négociation sur la réforme du dialogue social. L'enjeu de ces tractations entamées début octobre, sur un dossier jugé crucial par le gouvernement, est d'alléger les contraintes pesant sur les employeurs et d'élargir le recours aux accords d'entreprise pour lever des "verrous" à l'embauche. Le Medef propose ainsi de fusionner toutes les instances représentatives du personnel (IRP) dans les sociétés d'au moins 11 salariés dans un unique conseil d'entreprise, qui reprendrait l'intégralité de leurs prérogatives. ID:nL6N0V03YM Des spécialistes du droit du travail n'hésitent pas à y voir les germes d'une "vraie mutation" du modèle français en matière de relations sociales dans l'entreprise. ID:nL6N0V02VZ Mais seul le négociateur de l'Union professionnelle artisanale (UPA), Patrick Liébus, s'est montré plutôt confiant jeudi. "Il est grand temps qu'on trouve une solution. Derrière, il y a des emplois", a-t-il dit à son arrivée au siège du Medef. Les chefs de file des cinq délégations syndicales ont tous jugé inacceptable en l'état le projet d'accord amendé que leur a transmis mercredi la première organisation patronale française, y compris les plus susceptibles de le signer in fine. "On a reçu un texte qui reprend un certain nombre d'avancées mais il y a encore énormément de points à revoir", a déclaré la négociatrice de la CFDT, Marylise Léon, pourtant la plus ouverte aux propositions du Medef. "Ça va être extrêmement compliqué." Cinq jours après une session de négociation infructueuse, le vice-président de la CFTC, Joseph Thouvenel, a averti qu'il n'entendait pas, cette fois, faire durer les tractations. La négociatrice de la CFE-CGC, Marie-Françoise Leflon, a parlé d'une "approche régressive" du patronat et de "reculs" : "C'est un texte qui a besoin d'être revu de fond en comble." HOLLANDE FAIT PRESSION La CGT et Force ouvrière (FO) ont réaffirmé leur opposition de principe au projet de réforme, tel qu'il se dessine. La CGPME, troisième organisation patronale, a dit souscrire aux critiques du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, sur les méthodes de négociation du Medef et redit son hostilité à un projet d'accord qui introduit une forme de représentation du personnel des sociétés de moins de 11 salariés. "Il faut peut-être laisser cet accord-là, reprendre autrement, plus tard, sur tout à fait autre chose", a dit sa négociatrice, Geneviève Roy. "Aujourd'hui (...) c'est non." Le négociateur du Medef, Alexandre Saubot, qui affirmait vendredi être "très proche de (son) dernier prix", quand un compromis semblait se dessiner avec la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC, s'est montré moins affirmatif sur l'étendue de son mandat. "On a une journée de négociation pour faire évoluer les positions des uns et des autres", a-t-il dit. François Hollande a mis lundi la pression sur les partenaires sociaux en estimant qu'un échec "aurait des conséquences qui iraient bien au-delà de cette seule réforme". Mais le président du Medef, Pierre Gattaz, a répondu le lendemain que s'il préférait "1.000 fois" trouver un accord entre les partenaires sociaux plutôt que de passer la main au législateur, ça ne pouvait pas être "à n'importe quel prix". Pour être valide, un accord doit être signé par une ou des organisations syndicales ayant recueilli au moins 30% des voix aux élections professionnelles nationales et ne pas être rejeté par une ou des organisations ayant rallié 50% des suffrages. Aux dernières élections professionnelles du secteur privé, en 2013, la CGT a recueilli 30,62% des voix FO 18,23%, soit au total 48,85%. La CFDT a rallié 29,74% des suffrages, la CFTC 10,63% et la CFE-CGC 10,78%. (Edité par Yves Clarisse)

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