France-Moyens insuffisants pour la sûreté nucléaire, dit l'ASN

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    PARIS, 25 avril (Reuters) - Les organismes français 
responsables de la sûreté nucléaire ne disposent pas des 
ressources nécessaires pour remplir l'ensemble de leurs 
missions, déclare le président de l'Autorité de sûreté nucléaire 
(ASN) dans un entretien publié dans l'édition de mardi du 
quotidien "Le Monde".   
    Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl en 1986, 
Pierre-Franck Chevet souligne qu'"un accident majeur, comme ceux 
de Tchernobyl ou de Fukushima, ne peut être exclu nulle part 
dans le monde, y compris en Europe, même si nous faisons tout 
pour le prévenir." 
    Mais il s'inquiète surtout d'un contexte "particulièrement 
préoccupant" pour la sûreté nucléaire en France, du fait des 
"graves difficultés économiques, financières ou budgétaires des 
acteurs industriels du nucléaire", qui surviennent alors que 150 
installations (réacteurs d'EDF  EDF.PA , sites d'Areva 
 AREVA.PA  mais aussi réacteurs de recherche du Commissariat à 
l'énergie atomique, CEA) ont été mis en service il y a près de 
quarante ans.  
    "La question est de savoir, en particulier pour les 
réacteurs, s'ils peuvent être prolongés, avec des normes de 
sûreté rehaussées", ce qui nécessitera non seulement "un très 
gros travail d'analyse" préalable mais aussi "un contrôle 
renforcé de l'ASN", observe Pierre-Franck Chevet.  
    Mais l'ASN et l'Institut de radioprotection et de sûreté 
nucléaire (ISRN) "n'ont actuellement pas les ressources 
nécessaires pour assurer pleinement leurs missions de contrôle". 
    Faute d'avoir obtenu les 150 postes supplémentaires réclamés 
au gouvernement, ce qui représente selon le président de l'ASN 
un budget d'environ 20 millions d'euros, les deux organismes 
sont "contraints d'arbitrer entre (leurs) priorités, en 
privilégiant les installations en activité par rapport à celles 
en construction." 
    "Cette situation n'est pas satisfaisante", déclare-t-il.    
    D'autant plus qu'un contrôle renforcé sera nécessaire pour 
suivre les travaux visant à éventuellement prolonger la durée de 
vie de certaines installations, qui vont demander de lourds 
investissements à une filière nucléaire encore en cours de 
réorganisation.     
   "Pour l'instant, il n'y a pas de signaux alarmants qui 
indiqueraient que la sûreté se dégrade en France. Mais la 
situation peut dériver dans les années à venir. Il nous faut 
rester extrêmement vigilants", note le président de l'ASN.       
   
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 

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