France-Mort du compositeur et chef d'orchestre Pierre Boulez

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    PARIS, 6 janvier (Reuters) - Le compositeur et chef 
d'orchestre Pierre Boulez, figure tutélaire de la musique 
classique en France après en avoir été l'enfant terrible à ses 
débuts, est mort mardi à l'âge de 90 ans à Baden-Baden 
(Allemagne), où il résidait. 
    Sa mort a été annoncée mercredi par sa famille dans un 
communiqué relayé par la Philarmonie de Paris, le nouveau temple 
de la musique dans la capitale française pour la création duquel 
il s'était longtemps battu. 
    François Hollande a salué la mémoire de celui qui, selon 
lui, "a fait briller la musique française dans le monde".  
    "Comme compositeur et chef d'orchestre, il a toujours voulu 
penser son époque", a-t-il déclaré dans un communiqué, "il a 
donné un prestige considérable à la culture française. 
    Avec Pierre Boulez, disparaît le dernier grand représentant 
d'une avant-garde européenne qui, au sortir de la Seconde Guerre 
mondiale, a engagé la musique dans des chemins radicaux. 
    Élève à ses débuts d'Olivier Messiaen, ce compositeur 
intransigeant, reconnu et respecté à l'étranger, restera 
jusqu'au bout un défenseur acharné de la musique contemporaine. 
    Il la sert également comme chef d'orchestre, à la tête de 
phalanges prestigieuses (BBC, Cleveland, New York Philarmonic, 
Chicago).  
    Sa première oeuvre majeure, Le Marteau sans maître, est 
écrite en 1954 d'après des poèmes de René Char.   
    Fâché avec André Malraux, le ministre de la Culture du 
général de Gaulle, il quitte un temps la France et n'y reviendra 
que dans les années 1970 quand le président Georges Pompidou lui 
demande de réfléchir à un centre de recherches musicales dans le 
cadre du futur centre d'art moderne à Beaubourg. 
    Ce sera l'Ircam, qui sera bientôt doté d'un orchestre, 
l'Ensemble intercontemporain, une phalange disposant 
d'importants moyens pour défendre le répertoire moderne. 
    Le temple wagnérien de Bayreuth fait appel à lui pour le  
centenaire de la Tétralogie du compositeur allemand où, associé 
au metteur en scène Patrice Chéreau, il livre une version qui 
dérouta un temps les puristes mais fait aujourd'hui référence. 
    Revenu au premier plan dans son pays, il mène un autre 
combat, celui de doter Paris d'une salle de musique à l'égal de 
ce qu'on trouve de mieux dans les autres grandes capitales. 
    Cela lui prendra de nombreuses années et il est trop malade 
pour diriger début 2015 le premier concert de la Philarmonie, 
qui lui a consacré une grande exposition le printemps dernier à 
l'occasion de son 90e anniversaire. 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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