France-Mort de Rémi Fraisse, le gendarme témoin assisté

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    TOULOUSE, 18 mars (Reuters) - Le gendarme à l'origine du tir 
de grenade qui avait tué le militant écologiste Rémi Fraisse fin 
2014 sur le site du barrage controversé de Sivens (Tarn) a été 
placé vendredi sous le statut de témoin assisté, a-t-on appris 
auprès de son avocat.   
    Le militaire était entendu dans le cadre d'une information 
judiciaire pour "violences ayant entraîné la mort sans intention 
de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique 
dans l'exercice de ses fonctions", qui a été requalifiée en 
"homicide involontaire". 
    "En l'état de ce statut, mon client ne sera pas présenté 
devant un tribunal pour être jugé pour des faits qu'il n'a pas 
commis, c'est-à-dire l'infraction d'homicide involontaire", a 
déclaré à l'issue de l'audition son avocat, Me Jean Tamalet. 
    "Mon client a respecté la loi, les ordres donnés et le 
règlement sur le geste technique qu'il a réalisé. Les 
avertissements ont eu lieu (...). C'est un épouvantable, un 
tragique et un irréversible accident", a-t-il ajouté. 
    L'auteur du tir de grenade avait été entendu le 14 janvier 
2015 par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale sous 
le régime de la garde à vue et avait été remis en liberté. 
     Au cours d'une manifestation, le 26 octobre 2014, Rémi 
Fraisse avait été tué par une grenade offensive lors 
d'affrontements entre les forces anti-émeutes et un groupe de 
manifestants. 
    La mort du militant ayant suscité un vif émoi, le projet a 
été suspendu et de nombreuses manifestations en hommage à Rémi 
Fraisse et "contre les violences policières" ont eu lieu. 
    Un rapport d'enquête administrative rendu public début 
décembre 2014 par le gouvernement a conclu que la gendarmerie 
n'avait pas commis de faute. 
    Me Claire Dujardin, l'un des avocats de la famille de Rémi 
Fraisse, partie civile dans ce dossier, exclut toujours « la 
thèse de l'accident ».  
    "Des éléments concordants dans le dossier d'instruction 
justifient la mise en examen du gendarme", estime l'avocate pour 
qui "l'ordre d'utiliser des grenades offensives était 
disproportionné" et pour qui le militaire a commis une « faute 
d'imprudence dans l'exécution de cet ordre". 
    Le projet de retenue d'eau a été finalement abandonné le 6 
mars 2015 par le conseil départemental du Tarn. Le même jour, le 
site de Sivens, occupé depuis plus d'un an par de nombreux 
"zadistes" opposés à la construction du barrage, a été évacué. 
    Un nouveau projet portant sur une retenue réduite de moitié 
est envisagé par les pouvoirs publics et demandé par des 
agriculteurs pour pallier le manque de ressources en eau. 
    Ce « Sivens light » redimensionné suscite toujours 
l'opposition des associations environnementales qui appellent à 
un changement des pratiques agricoles pour « mieux gérer l'eau » 
et à une « optimisation des retenues collinaires existantes ». 
 
 (Johanna Decorse, édité par Simon Carraud et Sophie Louet) 
 
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