France-Mort à 88 ans de l'ancien ministre Charles Pasqua

le , mis à jour à 22:54
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PARIS, 29 juin (Reuters) - La droite a rendu un hommage unanime à l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, résistant et gaulliste, pilier de la chiraquie mais aussi homme controversé et confronté à la justice sur la fin de sa vie, mort lundi à 88 ans. Charles Pasqua, qui fut député, sénateur, député européen mais a surtout laissé une trace place Beauvau, où il fit deux passages, s'est éteint à l'hôpital Foch de Suresnes, dans son fief des Hauts-de-Seine, a confirmé le conseil départemental dans un communiqué. "Souverainiste", "attaché à la nation", sont les expressions qui revenaient le plus souvent lundi chez les responsables de la droite qui ont salué un gaulliste de la première heure. "Il était l'incarnation d'une certaine idée de la politique et de la France, faite d'engagement, de courage et de convictions. Ce soir, la France perd l'un de ses plus grands serviteurs", déclare le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, dans un communiqué. "Il a voulu défendre notre pays, notre nation, il a été souverainiste avec beaucoup (...) C'était une défense de la France, il avait une certaine vision de notre pays, une certaine vision de l'Europe", a déclaré pour sa part le député Bernard Debré sur iTELE. Brice Hortefeux, qui a également occupé la fonction de ministre de l'Intérieur, a dit appartenir à "une génération qui a été fortement marquée par Charles Pasqua". "Un ministre de l'Intérieur qui, qu'on soit d'accord ou pas avec son engagement, (...) a aussi eu le courage de mettre sur la table des sujets difficiles", a-t-il dit. De nombreux autres responsables ont salué un homme qui s'est distingué à l'Intérieur par sa politique ferme sur l'immigration et une idée très forte des questions de sécurité. Charles Pasqua était en poste à l'Intérieur lors des manifestations étudiantes contre la loi Devaquet, en 1986, qui ont vu un homme mourir sous les coups de policiers, mais aussi lors de l'arrestation des membres du groupe terroriste Action Directe. Souverainiste, il s'opposa en 1990 au courant porté par Alain Juppé et Jacques Chirac au sein du RPR alors qu'il avait contribué à l'ascension politique du second, et soutint le non au référendum sur le traité de Maastricht de 1992. Ce glissement par rapport au RPR prit un tour plus spectaculaire lors des élections européennes de 1999, où il présenta une liste dissidente avec Philippe de Villiers, face à celle conduite par Nicolas Sarkozy, et arriva deuxième derrière le PS. Les années 2000 furent davantage marquées par les affaires politico-financières, dont une seule, celle de la Sofremi qui concerne des détournements de fonds présumés lorsqu'il était ministre de l'Intérieur entre 1993 et 1995, lui a valu une condamnation, à un an de prison avec sursis pour "complicité d'abus de biens sociaux". (Gregory Blachier, édité par Tangi Salaün)

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