France-Morano destituée pour ses propos sur la "race blanche"

le , mis à jour à 21:17
2

* Les propos de Morano sur la France "de race blanche" sanctionnés * Sarkozy ne voulait pas d'une crise avec sa tête de liste * Morano a menacé de "dézinguer" l'ancien président (Actualisé avec communiqué, §§ 2 et 3) PARIS, 7 octobre (Reuters) - La Commission nationale d'investiture des Républicains a retiré mercredi à Nadine Morano la tête de liste en Meurthe-et-Moselle pour les élections régionales de décembre, une décision qui sanctionne ses propos sur la France, pays "de race blanche". Cette éviction, confirmée par le parti dans un communiqué, a été votée à l'unanimité moins trois abstentions par la Commission d'investiture, composée de 26 membres. "La CNI a pris acte avec regret du refus de Nadine Morano de revenir sur ses propos comme il le lui avait été demandé à plusieurs reprises", peut-on lire dans ce communiqué. Nadine Morano, qui est vice-présidente de l'instance, était absente lors de la réunion. Députée européenne, elle se trouvait à Strasbourg pour l'intervention d'Angela Merkel et François Hollande devant le Parlement européen. Nicolas Sarkozy avait accordé mardi soir à l'élue une dernière chance, lui demandant de formuler des regrets dans une lettre avant la réunion de la CNI, ce qu'elle n'a pas fait, ne reniant rien de ses propos. Nadine Morano sera remplacée par Valérie Debord, ex-députée de Meurthe-et-Moselle. Selon un participant au comité exécutif du parti qui a précédé la CNI, Nicolas Sarkozy a estimé qu'il fallait sacrifier Nadine Morano, même si elle avait présenté ses excuses. Philippe Richert, tête de liste des Républicains aux élections régionales dans le Grand Est, a en effet annoncé aux instances nationales de sa formation qu'il démissionnerait si elle gardait son investiture en Meurthe-et-Moselle. "Richert m'a dit : 'Si Morano est investie, c'est sans nous. J'ai la lettre de démission des têtes de liste de cette région sur mon bureau'", a déclaré Nicolas Sarkozy selon ce participant. "Mieux vaut une crise passagère et investir à long terme. On a la responsabilité de porter l'alternance", aurait-il ajouté. Philippe Richert, président de la région Alsace, conduit en effet une liste Les Républicains-UDI-MoDem en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, une alliance que Nicolas Sarkozy entend répliquer à l'échelon national pour la présidentielle de 2017. "INCONTRÔLABLE" Furieux contre la frondeuse, avec laquelle les ponts étaient coupés, Nicolas Sarkozy avait déploré publiquement le 30 septembre qu'elle cherche par ses déclarations fracassantes "une publicité" nuisible "à la crédibilité des Républicains". Nadine Morano, qui n'a jamais digéré d'avoir été écartée par Nicolas Sarkozy lors du retour de ce dernier en politique, en septembre 2014, ne s'avoue pas vaincue pour autant. Il s'agit d'un risque pour l'ancien chef de l'Etat, qui a sacrifié une égérie des militants sarkozystes sur l'autel de l'union avec les centristes alors même qu'elle s'exprimait sur un thème électoral de son ancien mentor -- l'identité. "Nadine, les militants l'aiment, ils l'aiment pour son bagout, sa combativité, sa loyauté. Si on la sanctionne, elle va devenir incontrôlable", prédisait un parlementaire des Républicains avant la décision de la CNI. La Nancéienne, qui a annoncé en septembre sa candidature à la primaire de la droite et du centre de 2016, a lancé mardi un appel aux dons pour son micro-parti, le Rassemblement pour le peuple de France, créé en 2012. Si elle obtient les parrainages nécessaires à sa candidature, elle pourrait préempter à son profit une partie de l'électorat sarkozyste. "Je dézinguerai" Nicolas Sarkozy, a-t-elle déclaré la semaine dernière au Point. (Sophie Louet et Emile Picy, édité par Simon Carraud)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • nayara10 le jeudi 8 oct 2015 à 00:09

    En Afrique,ils sont Noirs ???...

  • janaliz le mercredi 7 oct 2015 à 20:53

    Hors les propos tenus (quoique) et la polémique ambiante y afférente, le problème posé est celui de la représentation du peuple par les élites. Dame Morano est issue de ce peuple, de ces sans dent qui font fluctuer les majorités et qui prennent de plein fouet les incongruites des soit disant élites. Je pense qu'à travers son propos elle voulait coller à la pensée du peuple qui ne se reconnait plus dans les discours démagos... Mais ce n'est qu'une interprétation...