France-Montebourg veut quitter le commandement intégré de l'Otan

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    PARIS, 29 novembre (Reuters) - Arnaud Montebourg préconise, 
dans une interview publiée mardi, un retrait de la France du 
commandement intégré de l'Otan, une participation qui, selon le 
candidat à la primaire de la gauche en vue de 2017, "coûte cher" 
et ne permet pas à Paris de suffisamment influer sur les choix 
de l'Alliance.  
    Paris est le troisième pays contributeur au budget de 
l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan), derrière 
les Etats-Unis et l'Allemagne, avec près de 220 millions d'euros 
en 2015. 
    Membre fondateur de l'Otan, la France avait quitté en 1966 
son commandement militaire intégré sur décision du général de 
Gaulle au nom de l'indépendance nationale, avant de le 
réintégrer en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy.   
    La participation de la France à l'Otan "nous coûte cher, 
nous n'y exerçons pas l'influence souhaitée et nous n'avons pas 
négocié une place qui nous permet d'infléchir des décisions de 
l'alliance", estime l'ex-ministre de l'Economie, dans les 
colonnes du Monde. 
    "L'Otan s'est engagée dans des expéditions militaires 
aventureuses, qui ont envenimé la conflictualité entre le bloc 
occidental et le monde arabe, et ne nous a pas protégé contre le 
terrorisme djihadiste", ajoute-t-il. 
    "Il me paraît naturel dans ces conditions que nous soyons 
capables d'assurer notre action indépendante." 
    Créée en 1949, l'Otan fait l'objet de critiques depuis 
plusieurs mois de la part du président-élu Donald Trump qui a 
qualifié pendant la campagne électorale l'Alliance "d'obsolète" 
et estimé qu'elle était trop financée par les Etats-Unis, 
préconisant une nouvelle distribution des coûts. 
     
    LA FRANCE "DOIT SE PRÉPARER" 
    L'homme d'affaires républicain a notamment remis en cause la 
défense systématique des alliés de l'Otan, un principe contenu 
dans l'article 5 du traité qui prévoit qu'une attaque contre 
l'un des membres de l'Alliance est une attaque sur l'ensemble 
des alliés.  
    Pour Arnaud Montebourg, "il est évident que les Européens 
vont avoir à apprendre à se passer du parapluie américain et cet 
apprentissage va se faire de façon accélérée si Donald Trump, 
qui semble vouloir pivoter vers l'Asie l'essentiel des 
préoccupations américaines, décide de se détourner de l'Europe." 
    "Oui, la France doit se préparer à réviser ses positions sur 
sa présence dans le commandement intégré de l'Otan", 
ajoute-t-il.  
    Le Livre blanc de la sécurité nationale de 2013, qui fixe 
les grandes orientations stratégiques de la France jusqu'à 2025, 
souligne que la stratégie de défense et de sécurité nationale 
"ne se conçoit pas en dehors du cadre de l'Alliance atlantique 
et de notre engagement dans l'Union européenne".  
    La France participe actuellement à la mission de "police du 
ciel" de l'Otan mise en place en Europe de l'Est depuis 
l'annexion - non reconnue par la communauté internationale- de 
la Crimée par la Russie en 2014. Quatre Mirage 2000 sont 
déployés depuis fin août en Lituanie où ils ont, selon le chef 
d'Etat major de l'armée de l'air, effectué de nombreuses 
interceptions d'avions russes, signe de la "tension croissante". 
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M8587219 il y a une semaine

    Sans marges budgétaires et sans défense européenne? C'est vraiment trop tôt sinon carrément absurde.

  • Berg690 il y a une semaine

    Je voterai pour cette proposition quelque soit celui qui la défendra.

  • bordo il y a une semaine

    Encore ! Entrer, sortir, c'est une maladie.