France-Montebourg ne se voit pas quitter le gouvernement

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PARIS, 25 août (Reuters) - Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a déclaré lundi "ignorer" s'il allait devoir quitter le gouvernement après ses critiques virulentes contre la politique économique, assurant qu'il ne se "plaçait pas" dans l'hypothèse d'un départ. Manuel Valls était "décidé à agir" dimanche, selon son entourage, après avoir entendu deux membres de son gouvernement, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, dénoncer durant le week-end la "politique austéritaire" pilotée par le couple exécutif. Le Premier ministre a estimé que son ministre de l'Economie avait "franchi une ligne jaune" et devait le recevoir dans la journée de lundi pour une explication qui s'annonçait d'autant plus musclée qu'Arnaud Montebourg n'a en rien tempéré ses critiques. A la question de savoir s'il serait encore ministre après cet entretien, Arnaud Montebourg a répondu lundi sur Europe 1 : "Je l'ignore". Quant à quitter de lui-même un gouvernement dont il fustige la politique économique alors qu'il est censé la mettre en oeuvre, il a dit ne pas se "placer pas dans cette hypothèse" et a défendu sa liberté de parole dans une forme de mise en garde contre la censure du débat. "Je ne crois pas qu'on puisse réprimander un ministre qui apporte des propositions à la discussion collégiale, en y associant les Français", a-t-il dit, se réfugiant derrière la nécessité de "convaincre" pour faire changer la politique menée en France. "Le débat n'est pas un débat d'autorité", a-t-il encore dit. "C'est un débat d'orientation économique, il faut le mener. Il n'y a nulle remise en question de la solidarité gouvernementale puisque les décisions ne sont pas prises." Une fois assurée sa propre défense, Arnaud Montebourg a renouvelé sa charge inquiète contre les politiques d'austérité et la priorité donnée à la réduction des déficits au niveau européen. "Nous sommes dans une situation extrêmement grave", a-t-il dit. "La marche de la réduction des déficits de façon forcée est en train de couler toutes les économies européennes. Nous ne voulons pas que l'UE continue sa descente en enfer." Alors que la France a été contrainte de réviser sa prévision de croissance pour 2014 à 0,5% contre 1% prévu après deux trimestres de stagnation et que les économies allemande et italienne se sont contractées au deuxième trimestre, Arnaud Montebourg a de nouveau appelé à un changement de cap. "Il y a aujourd'hui un débat mondial, des appels mondiaux à la correction des erreurs de politiques économiques qui sont commises par tous les pays en même temps en Europe", a-t-il dit. (Gregory Blachier)

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