France-Mobilisation inégale du patronat sur le pacte

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* Rebsamen confirme les engagements de l'Etat * Il s'en tient à une pression minimale sur les branches * Le Medef se montre satisfait, reste vague sur ses engagements (Actualisé avec réunion représentants de 50 branches) par Emmanuel Jarry PARIS, 10 septembre (Reuters) - La réunion de mobilisation des branches professionnelles convoquée mercredi par le ministre du Travail a confirmé que la mobilisation du patronat pour la mise en oeuvre du pacte de responsabilité était encore loin d'être générale. François Rebsamen a précisé à la presse que 33 des 50 principales branches avaient "mis à l'ordre du jour" de discussions internes les contreparties aux 41 milliards d'euros d'allègements de charges promis aux entreprises. Il a souligné que cela représentait "un peu plus de neuf millions de salariés", un chiffre proche de celui avancé par le Medef, la principale organisation patronale française. "Dans de nombreuses branches, les choses avancent", a-t-il ajouté, bien qu'il n'y ait à ce jour qu'un accord signé sur les contreparties au pacte en matière d'emploi, d'investissement et de formation - dans la chimie. "En revanche, dans 17 branches, le sujet n'a pas été abordé. Ça n'est pas possible. Il faut que ces branches se mobilisent", a ajouté François Rebsamen. Selon le texte d'une intervention prononcée par le ministre en conclusion de la réunion, il a assuré qu'il "n'accepterai(t) pas une situation de blocage, d'atermoiement ou de refus de dialoguer" et qu'il s'impliquerait "personnellement". Mais il n'est guère allé au-delà en matière de pression sur les secteurs récalcitrants et a jugé au contraire la réunion "constructive" et "significative". Il a assuré que les baisses de charges promises aux entreprises étaient "intangibles", en dépit des difficultés budgétaires de la France, qui ne parvient pas à réduire ses déficits publics, en raison notamment d'une économie atone. BILAN D'ÉTAPE EN OCTOBRE Il a annoncé que l'installation par le Premier ministre, Manuel Valls, d'un comité de suivi des aides publiques serait en octobre l'occasion de dresser un nouvel état de la mobilisation des branches. Il faudra alors que des négociations aient partout été engagées, a-t-il souligné. En début de matinée, il s'était dit persuadé, sur RTL, que le patronat avait pris conscience de la nécessité d'accélérer le tempo et jouerait le jeu. Il a par ailleurs confirmé son intention de lancer fin septembre le chantier de la rationalisation des branches. Elles sont aujourd'hui environ 700 mais beaucoup sont peu actives et l'idée serait de ramener leur nombre à une centaine en 10 ans. Du côté des partenaires sociaux, la réunion a surtout été l'occasion pour les représentants syndicaux et patronaux de réaffirmer leurs positions sur le pacte, que seules la CFDT et la CFTC soutiennent, du côté syndical. La négociatrice de la CFDT Marylise Léon a cependant réaffirmé que l'Etat ne devait débloquer que progressivement les aides promises, année après année, en fonction des engagements des entreprises et de leur réalisation. Le vice-président de la CFTC, Joseph Thouvenel, a déploré que "la grande majorité des branches traînent les pieds". Du côté patronal, le négociateur du Medef, Jean-François Pilliard s'est félicité que François Rebsamen ait "confirmé l'engagement du gouvernement à mettre en oeuvre le pacte de responsabilité" tel que présenté initialement. "Nous sommes en marche", a-t-il ajouté. "La situation des entreprises et de l'économie de la France est grave. On peut remonter la pente. Les conditions commencent à se réunir. Mais cette remontée se fera progressivement." (Edité par Yves Clarisse)

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