France-Mobilisation en demi-teinte contre la loi Travail

le , mis à jour à 17:38
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    * Quelques milliers de personnes dans les rues 
    * Seuls 90 lycées bloqués 
    * CGT et FO demandent le retrait du projet 
    * La CFDT menace de se mobiliser à son tour 
 
 (Actualisé avec précisions sur la mobilisation) 
    PARIS, 9 mars (Reuters) - Quelques dizaines de milliers de 
personnes ont manifesté mercredi en France contre la réforme du 
droit du travail lors d'une journée de mobilisation en 
demi-teinte, présentée comme un prélude à celle du 31 mars par 
les opposants les plus résolus au projet du gouvernement.  
    La CGT, Force ouvrière et plus d'une vingtaine de mouvements 
de jeunesse avaient appelé à cette journée d'action qui s'est 
également traduite par le blocage de 90 lycées sur quelque 2.500 
établissements, selon les chiffres de l'Education nationale. 
    Parallèlement à une grève des cheminots, dont les 
revendications portent sur les conditions de travail, 250 
rassemblements ou actions diverses étaient organisées.  
    Les manifestants entendaient adresser un coup de semonce à 
l'exécutif, à cinq jours de la conclusion des consultations 
menées par le gouvernement sur ce projet de réforme, dont une 
partie de la gauche et des syndicats ne veut pas.   
    "Derrière moi et partout en France, c'est une première 
grosse mobilisation. On démarre fort et il faut donc continuer à 
élargir", a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la 
CGT, interrogé en tête du cortège parisien. 
    Ils étaient par exemple de 7.000 à plus de 10.000 à Lyon, 
selon les chiffres de la police et des organisateurs, de 9.000 à 
15.000 à Bordeaux et de 4.500 à 6.000 à Rennes. 
    A Lyon, le défilé a donné lieu à des heurts entre 
manifestants et policiers, qui ont essuyé des jets de pierre et 
riposté au moyen de gaz lacrymogènes. Trois personnes ont été 
interpellées.   
    A Paris, trois cortèges étaient prévus, dont un défilé entre 
les places de la République et de la Nation.     
             
    35,5% DE GRÉVISTES À LA SNCF 
    A Nantes, Marseille ou Rennes, des lycéens et des étudiants 
ont participé à ce mouvement, lancé à l'origine par des 
organisations de jeunesse comme les syndicats Unef, Fidl et UNL 
et le Mouvement des jeunes socialistes (MJS). 
    "La jeunesse à un rôle à jouer pour entraîner le monde du 
travail avec elle car avec la loi El Khomri, on a atteint le 
point de non-retour et c'est tout le système qu'il faut remettre 
en cause", disait Marine, une étudiante bordelaise.  
    La mobilisation de la jeunesse est suivie attentivement par 
le gouvernement de gauche, dix ans après celle qui a contraint 
un Premier ministre de droite, Dominique de Villepin, à retirer 
le Contrat première embauche (CPE) sous la pression de la rue. 
    La CFDT, principal syndicat réformiste, n'est pas partie 
prenante à cette mobilisation mais menace de se rallier aux 
futures journées d'action si elle n'obtient pas une réécriture 
du texte, et notamment le retrait de l'article fixant un plafond 
pour les indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif.  
    "J'invite (le gouvernement) à faire des arbitrages 
conséquents avec des modifications substantielles, sinon la CFDT 
se mobilisera", a dit Laurent Berger mercredi matin sur BFM TV.  
    Parallèlement, la grève des cheminots a fortement perturbé 
le trafic, avec un train sur trois sur certains axes TGV et les 
lignes TER, Intercités, Transiliens. Le trafic est en revanche 
quasiment normal pour le métro parisien.  
    Selon la direction de la SNCF, le taux de participation à ce 
mouvement unitaire organisé par la CGT, l'UNSA, la CFDT et SUD 
Rail s'élevait parmi les personnel à 35,5%. 
     
    MONTÉE EN PUISSANCE ? 
    Pour Philippe Martinez, le report du 9 au 24 mars de la 
présentation du projet de loi en conseil des ministres pour 
rattraper l'absence de concertation en amont ne suffira pas. 
    "La CGT a présenté un projet (...) On a des propositions 
très concrètes on peut en discuter dès que ce texte-là est 
retiré", a-t-il déclaré sur France Inter.  
    Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, a réitéré sur RTL 
sa demande de "suspension" du projet de réforme pour le remettre 
totalement à plat : "Maintenant ils veulent discuter mais 15 
jours de report, (...) ça ne sert à rien." 
    Il a prédit une montée en puissance du mouvement de 
contestation si le texte est maintenu, en songeant à l'appel à 
une vaste mobilisation le 31 mars, sous la forme de 
manifestations et de grèves. 
    Selon l'entourage de Manuel Valls et ses interlocuteurs des 
derniers jours, le gouvernement est prêt à "bouger des curseurs" 
mais sans remettre en cause l'équilibre général du texte.  
    Le président du Medef, Pierre Gattaz, a demandé mardi au 
Premier ministre de ne pas "dénaturer" un projet de loi 
considéré par l'organisation patronale comme une "rupture" 
salutaire susceptible de relancer les embauches.   
 
 (Marine Pennetier et Emmanuel Jarry, avec service France, édité 
par Simon Carraud) 
 
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