France-Mobilisation des jeunes en recul contre la loi Travail

le , mis à jour à 18:18
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    * Ils maintiennent la pression en attendant le 9 avril 
    * 130 interpellations à Paris 
    * L'examen du projet débute à l'Assemblée 
 
 (Actualisé avec nouveaux chiffres de manifestants, détails) 
    PARIS, 5 avril (Reuters) - Plusieurs milliers de jeunes ont 
une nouvelle fois manifesté mardi à travers la France mais la 
mobilisation est en net recul contre le projet de loi Travail, 
dont l'examen a débuté en commission à l'Assemblée nationale. 
    Après les rassemblements du 31 mars, qui ont réuni entre 
390.000 et 1,2 million de personnes, étudiants et lycéens 
entendaient maintenir la pression avant une nouvelle journée 
avec les salariés le 9 avril, qu'ils espèrent plus fournie. 
    Les défilés ont été émaillés d'incidents à Paris et dans 
plusieurs villes de province.  
    "Il y a une vraie détermination", a déclaré le secrétaire 
général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly, soulignant que le 
meilleur moyen pour le gouvernement d'éviter les incidents était 
de retirer son projet.   
    A Paris, entre 3.200 et 3.400 personnes, selon la police, 
ont défilé alors que les autorités en avaient dénombré 26.000 à 
28.000 le 31 mars. 
    Cent trente personnes ont été interpellées lors d'un premier 
cortège lycéen en début de matinée près de la Nation pour des 
jets de projectiles sur les forces de l'ordre et des 
dégradations, a-t-on précisé de source policière.  
    A Marseille, 2.500 personnes, selon la FSU, 1.500 personnes, 
selon la police, ont défilé, une affluence bien moindre que 
précédemment en raison notamment des vacances scolaires. Les CRS 
sont intervenus à l'issue de la manifestation pour déloger une 
centaine de jeunes qui ont momentanément bloqué l'autoroute A7. 
    Des feux de poubelle ont été allumés tôt mardi matin devant 
le lycée Léonard de Vinci à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), 
dont l'entrée a été endommagée. 
    Plusieurs centaines de lycéens ont de leur côté bloqué les 
voies de la gare de Rennes, où le trafic a été interrompu 
pendant plusieurs heures.  
     
    "NUIT DEBOUT" 
    A Lyon, les manifestants n'étaient que 1.400 selon la police 
mais avaient prévu de se retrouver en fin de journée dans le 
quartier de la Guillotière pour une opération "Nuit Debout". 
    Selon la Fédération indépendante et démocratique lycéenne 
(FIDL), 25 lycées étaient bloqués mardi à Paris, et 35 en 
banlieue. Le ministère de l'Education dénombrait pour sa part 34 
lycées bloqués en France, contre 176 le 31 mars dernier.        
    En dépit du recul de l'exécutif, qui a supprimé plusieurs 
dispositions-clés de son texte, les opposants qui ont multiplié 
les défilés depuis le début mars réclament toujours le retrait 
pur et simple du projet.  
    Le gouvernement, qui redoute un emballement de la 
contestation des jeunes, s'est dit "prêt à regarder" certaines 
propositions de l'Unef, la principale organisation étudiante.    
    Les ministres Najat Vallaud-Belkacem (Education), Myriam El 
Khomri (Travail) et Patrick Kanner (Jeunesse) doivent recevoir 
mercredi les principales organisations pour discuter notamment 
de la question de l'accès des jeunes au marché du travail. 
    Toutefois, une partie des jeunes mobilisés veulent 
s'affranchir de la tutelle des syndicats et des mouvements de 
jeunes des partis politiques pour lancer une démarche citoyenne 
à l'image du mouvement des indignés en Espagne en 2011.  
    Des centaines de personnes, au nom du mouvement "Nuit 
Debout", ont occupé dans la nuit de lundi à mardi la place de la 
République à Paris pour la cinquième fois consécutive avec 
l'intention d'élargir les revendications et de créer un "sursaut 
citoyen".  
    Après la capitale, "Nuit Debout" devait s'étendre mardi soir 
à une vingtaine de villes de province, notamment Toulouse, 
Strasbourg, Rennes et Lyon.  
 
 (Gérard Bon, Julie Carriat, Simon Carraud, et service France, 
édité par) 
 
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