France-Migrants-Valls et le PS en appellent à l'humanisme

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LA ROCHELLE-PARIS, 30 août (Reuters) - La France est disposée à accueillir "ceux qui fuient la guerre, les persécutions" et chaque demande d'asile sera "rapidement" examinée, a assuré dimanche Manuel Valls. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a souligné pour sa part qu'il ne s'agissait pas d'"un problème de chiffres" et a accusé l'opposition de droite d'"instrumentaliser" la crise migratoire en Europe. "Ceux qui fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions, doivent être accueillis. Et donc, chaque demande d'asile doit être examinée. Rapidement", a lancé le Premier ministre français en clôture de l'université d'été du PS, à La Rochelle. La France instruit annuellement 60.000 à 70.000 demandes d'asile. Depuis le début de l'année, 340.000 entrées irrégulières ont été enregistrées dans l'espace Schengen. Tout en en appelant aux valeurs de l'humanisme, Manuel Valls, qui se rend lundi à Calais avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, a assuré de la "fermeté" du gouvernement dans l'application de législation afin d'endiguer notamment l'immigration économique irrégulière. Le Parti socialiste a appelé il y a quelques mois à une conférence européenne, voire mondiale, sur les questions migratoires. "La France peut accueillir les réfugiés, comme l'Allemagne. Ce n'est pas un problème de chiffres", a affirmé Jean-Christophe Cambadélis sur BFM TV, à la suite du campus socialiste. "On ne peut pas laisser ces gens dans le malheur (...), donc on leur tend la main, donc on leur dit 'posez-vous'. Et puis on discute", a-t-il dit. "Ceux qui n'ont pas vocation à rester ne restent pas". "LES YEUX DANS LES YEUX" "Le Front national et les Républicains disent qu'ils vont rester, qu'au milieu d'eux il y aura des terroristes, que tout cela va conduire à une situation épouvantable. C'est leur position parce qu'ils veulent instrumentaliser cette situation pour faire peur à la France", a-t-il estimé. La présidente du Front national, Marine Le Pen, s'est engagée samedi à lutter contre la "déferlante migratoire" en France. "Ils ne vous le disent pas, et pourtant la situation de l'immigration est aujourd'hui en France totalement hors de contrôle (...). Tout a été fait sous Nicolas Sarkozy et François Hollande pour que cette vague grossisse, prenne du corps et aujourd'hui déferle à pleine vitesse sur notre pays", a-t-elle dit lors d'un discours à Brachay (Haute-Marne). Manuel Valls a reproché dimanche à la droite d'être "incohérente" sur le sujet et de courir après le FN. "Il faut mener cette bataille-là et non pas faire l'autruche en disant 'on les vire'", a renchéri le premier secrétaire du PS sur BFM TV. "A tous ceux qui disent qu'il faut les bloquer ou les raccompagner : qu'ils le fassent, les yeux dans les yeux, avec ces enfants qui sont désespérés et ces gens qui voient leur famille mutilée", a-t-il ajouté. Le député (Les Républicains) Bruno Le Maire a déclaré dimanche au Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro que la France n'aurait pas "d'autre choix que d'accueillir" les migrants "menacés par des conflits". "Il faut les accueillir dans des conditions dignes. Ceux qui viennent pour des raisons économiques doivent être renvoyés", a-t-il dit. (Sophie Louet)

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