France-Migrants subsahariens, des années avant d'être "installés"

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    PARIS, 20 avril (Reuters) - Six ans après leur arrivée, la 
moitié des migrants d'Afrique subsaharienne n'ont toujours pas 
de situation stable en France, montrent les résultats d'une 
enquête publiée mercredi dans la revue de l'Institut national 
d'études démographiques (Ined). 
    L'étude quantifie les difficultés que rencontre ce groupe de 
migrants : avant de détenir un titre de séjour, un logement 
personnel et d'avoir un travail -- les trois critères d'une 
véritable "installation" en France, ils vivent plusieurs années 
de précarité. 
    Après onze à douze ans en métropole, un quart des hommes et 
femmes étudiés, qu'ils soient migrants économiques, réfugiés ou 
viennent rejoindre leur famille, n'ont toujours pas réuni ces 
trois éléments. 
    Il faut entre trois et quatre ans à la moitié des personnes 
interrogées pour obtenir un titre administratif autorisant un 
séjour d'au moins un an, (trois ans pour les femmes, quatre pour 
les hommes). 
    Toujours dans la moitié des cas, l'obtention d'un logement 
personnel prend deux à trois ans. Pour un quart des hommes 
installés, il prend en outre la forme d'une chambre en foyer de 
travailleurs. 
    Cas particuliers, les étudiants qui poursuivent un diplôme 
du supérieur en France, et surtout les étudiantes, obtiennent 
plus rapidement un logement et un titre de séjour. 
    Pour plus d'un tiers des hommes, l'entrée sur le marché du 
travail se fait par de "petits boulots". L'obtention d'un 
emploi, déclaré ou non, qui permette à lui seul de subvenir aux 
besoins prend lui aussi plusieurs années en moyenne. 
    "Cette longue période de précarité après l'arrivée en France 
tient plus aux conditions d'accueil (longueur du processus de 
régularisation, marché du travail segmenté, discriminations) 
qu'aux caractéristiques individuelles des arrivants", dit 
l'étude. 
    "La situation des migrants subsahariens finit par se 
stabiliser, mais pour beaucoup d'entre eux, c'est au prix du 
passage par une longue période d'insécurité", poursuit-elle. 
    Loin de se résorber, ces difficultés s'accentuent depuis 
quelques années. L'accès au logement est de plus en plus tardif 
pour les femmes, celui à un emploi prend de plus en plus de 
temps pour les hommes. 
    Menée entre 2012 et 2013, l'enquête publiée dans la revue 
"Populations et Sociétés" de l'Ined porte sur 513 personnes 
d'Afrique subsaharienne arrivées en France entre 1972 et 2011 et 
principalement issues de l'ouest du continent -- Cameroun, Congo 
(RDC et Brazzaville), Guinée, Côte d'Ivoire, Mali, ou encore 
Sénégal.  
    Elle ne prend pas en compte les migrants qui sont repartis, 
ou ont été expulsés. 
 
 (Julie Carriat, édité par Yves Clarisse) 
 
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