France-Mélenchon jette un pavé dans la mare de la gauche

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    * Mélenchon n'avait pas informé ses partenaires du Front de 
gauche 
    * Sa candidature fragilise la position de Hollande pour 2017 
    * Une primaire de toute la gauche devient impossible 
 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 11 février (Reuters) - La "proposition" de 
candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle, 
sans être une surprise, jette le trouble dans une gauche divisée 
et en quête d'une martingale pour éviter un duel droite-extrême 
droite en 2017. 
    Ses partenaires du Front de gauche, qui avaient soutenu sa 
candidature en 2012, ont appris mercredi soir par TF1 sa 
décision de se lancer de nouveau dans la course, au grand dam, 
notamment, du Parti communiste. 
    "Les partis du Front de gauche n'ont en rien été consultés, 
ni même informés", a déclaré à Reuters le porte-parole du PC 
Olivier Dartigolles, qui juge la situation "très préoccupante". 
    Pour la ministre socialiste de la Santé, Marisol Touraine, 
cette annonce ne peut qu'accentuer le morcellement de la gauche. 
    Jean-Luc Mélenchon "divise son propre camp", a-t-elle dit à 
France 2. "C'est une aventure solitaire lancée en solitaire."  
    Pour le président de l'institut de sondage Odoxa, Gaël 
Sliman, "il aurait évidemment mieux valu pour François Hollande 
qu'il ne se présente pas". 
    Le cofondateur du Parti de gauche est crédité en moyenne de 
11% des intentions de vote par des sondages, son score du 
premier tour de la présidentielle de 2012, ce qui a pu jouer 
dans sa décision de précipiter l'annonce de sa candidature.  
    "Le fait de voir qu'il reste assez élevé dans les sondages 
le conforte dans l'idée qu'il compte encore, que les gens se 
tournent encore vers lui", explique-t-on dans son entourage. 
"Cela montre qu'il n'est pas hors jeu." 
    Jean-Luc Mélenchon, qui veut "incarner la France insoumise", 
a pour sa part justifié sa décision par l'accélération des 
annonces de candidatures à droite, au parti Les Républicains, 
comme au FN, avec celle de Marine Le Pen.   
    "Dans ces conditions, il faut passer à l'action, on ne peut 
pas rester sans voix", a expliqué sur TF1 cet ex-trotskiste et 
ancien membre du PS, aujourd'hui devenu un des détracteurs les 
plus virulents de François Hollande. 
     
    PRIMAIRE À GAUCHE INCERTAINE 
    Pour le député socialiste Christophe Caresche, c'est aussi 
le moyen pour lui de couper l'herbe sous le pied de rivaux 
potentiels à la gauche du PS, comme les anciens ministres Benoît 
Hamon et Arnaud Montebourg, l'écologiste Cécile Duflot ou le 
dirigeant communiste Pierre Laurent. 
    "Le retour de Montebourg a peut-être précipité la 
candidature de Mélenchon", a déclaré cet élu à Reuters.  
    En 2012, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en quatrième 
position au premier tour et cela n'avait pas empêché le 
socialiste François Hollande d'accéder au second et de battre le 
candidat de droite, Nicolas Sarkozy. 
    Quatre ans plus tard, la perspective est tout autre pour le 
chef de l'Etat, au plus bas dans les sondages, confronté à une 
poussée du Front national et une désaffection croissante de son 
électorat, qui rendent possible son élimination dès le premier 
tour de 2017 s'il ne rassemble pas la gauche sur son nom. 
    "Nous ne sommes pas en 2012. Il y a un risque réel de  
marginalisation de la gauche", souligne Olivier Dartigolles. 
    "Jean-Luc prend la décision dans ce moment-là de ne pas 
construire une candidature dans un cadre large et unitaire", 
ajoute-t-il. "Ça rend plus indispensable encore une primaire." 
    Longtemps sourde aux appels pressants à l'organisation d'une 
primaire élargie à l'ensemble de la gauche et aux écologistes, 
la direction du PS s'efforce aujourd'hui de trouver un terrain 
d'entente avec les écologistes, le Parti de gauche, dont fait 
partie Jean-Luc Mélenchon, et le PC. 
    Un positionnement tactique de la part du premier secrétaire 
du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui veut avant tout préserver 
les chances de François Hollande d'être au second tour. 
    Mais là encore, la candidature en solo et hors parti de 
Jean-Luc Mélenchon, qui refuse de se soumettre à une primaire, 
risque de plomber cet exercice s'il rallie assez de soutiens. 
    Pour Gaël Sliman, "ça lève complètement la possibilité 
qu'une primaire de toute la gauche ait lieu." 
    Jean-Luc Mélenchon dit s'inspirer du candidat à 
l'investiture démocrate américain Bernie Sanders, qui donne du 
fil à retordre à l'ancienne secrétaire d'Etat Hillary Clinton. 
    "J'ai loué la même plateforme internet que lui. Si bien que 
maintenant tout le monde peut se joindre à moi pour travailler 
sur le programme et agir", a-t-il expliqué sur TF1.    
 
 (Avec Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • jjd47 le jeudi 11 fév 2016 à 16:17

    DEpuis quand, voter écolo= voter socialiste?Faut pas s'étonner que la vraie gauche ne veut plus de ce soi-disant parti socialiste qui ne fait que le jeu du grand capital, en poursuivant la même politique de corruption que ses prédécesseurs.