France-Mélenchon à la peine pour trouver ses parrainages

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    * Mélenchon n'a recueilli à ce jour que 200 parrainages 
    * Il plaide pour la fin de la Ve République 
    * Il publie un livre-programme le 8 septembre 
 
 (Avec déclarations complémentaires, contexte) 
    par Julie Rimbert 
    TOULOUSE, 28 août (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon a admis 
dimanche être encore loin d'avoir recueilli les parrainages 
d'élus nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle 
de 2017 mais s'est dit déterminé à aller jusqu'au bout, lors de 
son discours de rentrée à Toulouse. 
    L'eurodéputé et co-fondateur du Parti de gauche, qui a pris 
ses distances avec les autres composantes du Front de gauche et 
veut être le candidat de "la France insoumise", a redit son 
rejet de la primaire organisée par le Parti socialiste. 
    "Si nous n'allons pas à la primaire, c'est parce que nous ne 
sommes pas d'accord pour en respecter le résultat s'il ne nous 
convient pas, c'est parce que si (le président François) 
Hollande ou (le Premier ministre Manuel) Valls la gagnent, 
jamais nous ne ferons campagne pour eux."  
    "Mais à la présidentielle, oui, je suis candidat et j'irai 
jusqu'au bout", a-t-il ajouté, lors d'un pique-nique rassemblant 
près de 2.500 militants dans le jardin de l'observatoire de 
Toulouse (Haute-Garonne). 
    Jean-Luc Mélenchon, arrivé en quatrième position au premier 
tour de la présidentielle de 2012 avec 11,1% des suffrages 
exprimés, a cependant reconnu qu'il n'avait recueilli à ce jour 
que 200 des 500 parrainages d'élus requis. 
    Il a dénoncé les "appareils politiques qui verrouillent par 
la peur et les intimidations" ces parrainages. 
    "La marche reste haute, mes amis, je ne veux pas vous le 
cacher (...) C'est difficile", a-t-il dit à ses partisans. 
"Quand vous n'avez pas les parrainages, les banques ne vous 
prêtent pas et si vous n'avez pas l'argent, comme c'est 
difficile de mener une campagne de cette ampleur !" 
    Il a exhorté ses partisans à aller voir leurs maires pour 
les convaincre d'apporter leur parrainage et à participer par 
des versements mensuels, même d'un euro, au financement de sa 
campagne. "Réfléchissez à ce que ce serait, sinon. Ce n'est pas 
un jeu tout ça", a souligné Jean-Luc Mélenchon. 
     
    "FARCE SANS NOM" 
    Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien Dimanche, 59% des 
Français ont une mauvaise opinion de lui, contre 39% d'un avis 
contraire. Mais 51% le préfèrent au chef de l'Etat socialiste 
François Hollande, contre 43% d'un avis contraire.   
    L'ex-dirigeant du Parti de gauche, désormais à la tête du 
mouvement "La France insoumise" crée pour soutenir sa 
candidature, a plaidé pour la fin de la Ve République, 
l'abolition de la "monarchie présidentielle", la formation d'une 
assemblée constituante et la sortie des traités européens. 
    "Je suis le candidat d'un nouvel indépendantisme français et 
du refus de la soumission", a-t-il lancé.  
    Il a évoqué la polémique de l'été sur le "burkini", ce 
costume de bain intégral utilisé par des musulmanes, qu'une 
trentaine de maires ont souhaité interdire sur leurs plages - 
"une farce sans nom" et "une honte pour le pays", a-t-il dit. 
    Il a dénoncé la volonté de certains dirigeants de légiférer 
sur ce sujet, ironisant sur "cette nouvelle police des moeurs" 
et réclamé "le droit d'être indifférent à la religion, d'être 
athée (...) ou un croyant qui ne s'affiche pas". 
    Il a qualifié de "tartuffes" et d'"hypocrites" les hommes 
politiques français de gauche ou de droite, François Hollande et 
Nicolas Sarkozy en tête, qui traitent avec les monarchies du 
Golfe soupçonnées d'avoir financé les islamistes radicaux. 
    En conclusion de son discours d'une heure, il a lancé un 
appel à voter pour que ces hommes politiques "dégagent". 
    Jean-Luc Mélenchon publiera le 8 septembre au Seuil un 
livre-programme, "Le choix de l'insoumission". A la mi-octobre, 
le mouvement "La France Insoumise" organisera sa première 
convention nationale à Lille pour mieux se structurer.  
    A gauche de la gauche, les principaux rivaux de Jean-Luc 
Mélenchon sont les ex-ministres socialistes Arnaud Montebourg et 
Benoît Hamon et leur ancienne collègue écologiste Cécile Duflot, 
sur lesquels les sondages lui donnent une avance significative. 
 
 (Edité par Emmanuel Jarry) 
 
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