France-Martinez, réélu à la tête de la CGT, se montre menaçant

le
1
    * "J'ai horreur d'une CGT calme", dit Martinez 
    * L'idée d'une grève reconductible se pose 
 
 (Actualisé avec déclarations) 
    par Jean-François Rosnoblet 
    MARSEILLE, 22 avril (Reuters) - Philippe Martinez a brandi 
vendredi la menace d'une grève reconductible contre la réforme 
du Code du travail après avoir été reconduit à la tête de la CGT 
lors du 51e congrès de la première organisation syndicale de 
France. 
    Philippe Martinez avait remplacé dans la douleur en février 
2015 Thierry Lepaon, poussé à la démission par l'affaire de la 
rénovation de son logement de fonction et de son bureau. 
    Cette élection survient à moment crucial pour l'avenir de la 
CGT face à une CFDT qui menace de lui ravir la première place 
des organisations syndicales françaises en 2017. 
    Philippe Martinez a été élu pour mettre en oeuvre la 
politique de la CGT dans les trois ans à venir, qu'il a décrite 
comme une "feuille de route commune pour tous les adhérents 
(...) et synonyme d'une CGT rassemblée et unie". Cette 
orientation a été à 70 % des voix par le millier de délégués 
réunis depuis lundi à Marseille.   
    "J'ai horreur d'une CGT calme", a-t-il dit. 
    La CGT, qui revendique près de 700.000 adhérents, était 
arrivée en tête des élections professionnelles en 2013 avec 
26,77% des suffrages, devançant de justesse la CFDT (26%). Elle 
a depuis vu son influence se réduire dans ses bastions 
historiques comme l'automobile, Airbus, La Poste, EDF, la SNCF, 
Air France et la fonction publique. 
         
    LA RADICALISATION COMME STRATÉGIE DE RECONQUÊTE        
    Pour reconquérir le terrain perdu, Philippe Martinez a 
résolument placé la confédération sous le signe de l'opposition 
à la politique du gouvernement, notamment sur le projet de 
réforme du Code du travail.    
    "Notre ligne est claire : c'est de protester, proposer, 
rassembler et mobiliser", a-t-il déclaré en réaffirmant sa 
volonté d'obtenir le retrait du texte. 
    Il a ainsi appelé tout au long du congrès à une mobilisation 
accrue contre la loi portée par la ministre du Travail Myriam El 
Khomri, entrouvrant la porte à une grève reconductible tout en 
laissant le soin aux salariés de décider ou pas son application 
dans les entreprises. 
    "La CGT souhaite que le mouvement prenne de l'ampleur, nous 
allons travailler pour", a-t-il déclaré. "Toute forme d'action 
doit être envisagée, parmi elles la grève et sa reconduction." 
    Cette radicalisation se manifeste dans la composition du 
nouvel exécutif de la CGT, avec l'entrée d'Amar Lagha, 
particulièrement intransigeant sur la question du travail du 
dimanche, secrétaire de la fédération du commerce.      
    Mais cette orientation soulève également des inquiétudes 
jusqu'au sein de la centrale syndicale. 
    "J'ai peur que la contestation systématique l'emporte parce 
que c'est la voie la plus facile", ajoute cet ancien 
syndicaliste. 
    Mais si c'est le cas, "on peut penser que l'affaiblissement 
(de la CGT) va se poursuivre parce qu'il y a un décalage assez 
profond entre le ressenti des salariés (et) la direction 
confédérale", ajoute-t-il. 
 
 (Jean-François Rosnoblet, édité par Myriam Rivet et Yves 
Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M940878 il y a 8 mois

    comme tout roquet qui se respecte