France-Marine Le Pen se pose en "candidate du peuple"

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    * Marine Le Pen ne dit rien sur ses concurrents potentiels 
    * Elle attend les résultats des primaires de gauche et de 
droite 
 
    par Jean-François Rosnoblet 
    FREJUS, Var, 18 septembre (Reuters) - A sept mois de 
l'échéance présidentielle, Marine Le Pen s'est posée dimanche en 
"candidate du peuple", garante d'une France "qui n'est pas à 
vendre" lors d'un grand meeting de mobilisation à Fréjus, la 
ville la plus importante gérée par sa formation. 
    Quinze jours après le discours de Brachay, en Haute-Marne, 
où elle avait franchement attaqué ses adversaires politiques, la 
présidente du Front national s'est cette fois placée au-dessus 
de la mêlée en ne citant aucun des autres candidats à l'Elysée. 
    "C'est en candidate du peuple que je me présente devant 
vous. Je veux vous parler de la France, et de rien d'autre", 
a-t-elle lancé aux 6.000 militants et cadres du parti réunis, 
selon les organisateurs, à Fréjus. 
    Et Marine Le Pen n'a cité ni le mot islam, pourtant présent 
en filigrane tout au long de son discours, ni le nom d'aucun des 
concurrents dans la course présidentielle. 
    "Ce moment marque le début de la mobilisation de cette 
campagne présidentielle, si décisive pour notre pays", a-t-elle 
déclaré en amorce d'un discours de près d'une heure. 
    Mais elle est restée fidèle à sa stratégie qui consiste à 
attendre la fin des primaires de la droite et de la gauche pour 
se lancer pleinement dans le combat électoral. 
    "La campagne présidentielle proprement dite ne pourra se 
dérouler que lorsque nous aurons connaissance de l'ensemble des 
candidats en lice", avait-elle précisé samedi devant la presse.  
    A défaut d'engager le fer, la présidente du Front national 
s'est contenté à Fréjus de donner sa vision de la France, celle 
du passé et celle qu'elle envisage pour demain, sans détailler 
aucune mesure de son programme. 
    "Il n'y aura plus de France sans identité. Et il n'y aura 
pas d'identité sans souveraineté", a-t-elle affirmé, dressant le 
portrait d'une démocratie soumise "à la tutelle de l'économie 
financière, des intérêts particuliers et de modèles étrangers".  
     
    "LA FRANCE LIBRE" 
    Une situation qui se mesure, selon elle, en "dizaines de 
milliers d'entreprises détruites" comme Alstom abandonné "parce 
qu'on ne prend même plus la peine d'acheter ses produits. Parce 
qu'on laisse nos collectivités se fournir chez ses concurrents 
étrangers, sans rien vouloir protéger." 
    L'Union européenne a été jugée responsable de la plupart des 
maux du pays et décrite comme l'obstacle au "patriotisme 
économique", à l'origine de l'immigration massive et du 
communautarisme. 
    Marine Le Pen a indiqué que la France n'était "pas à vendre" 
dans un monde marqué par le retour des Etats-nations. 
    "La France libre, la France maîtresse de ses lois, de son 
économie, de sa monnaie et gardienne de ses frontières, voilà la 
condition de toute politique nationale", a-t-elle résumé au 
terme d'un discours sans grande envolée. 
    Dans un contexte politique favorable au Front national, 
Marine Le Pen a voulu endosser les habits de celle qui se place 
au-dessus de la mêlée. 
    Elle a laissé à ceux qui sont engagés dans des primaires 
délicates le soin d'évoquer la crise des migrants qui ancre 
durablement le dossier de l'immigration dans la campagne 
présidentielle, un Brexit qui fragilise un peu plus une Europe 
divisée, une menace terroriste qui nourrit une anxiété 
croissante et ravive le sentiment d'insécurité.  
    Des thèmes que dénonce le FN depuis 2012 et que Marine Le 
Pen n'a pas jugé utile de rappeler aux cadres du parti. 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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