France-Marine Le Pen retire de Twitter une photo macabre de l'EI

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    PARIS, 17 décembre (Reuters) - Marine le Pen a retiré jeudi 
matin de son compte Twitter une photo émanant de l'Etat 
islamique, une mise en scène macabre sur laquelle la famille de 
James Foley a reconnu la dépouille du journaliste américain, 
décapité par le groupe djihadiste. 
    La publication mercredi de trois photos par la présidente du 
Front national, qui s'insurgeait par ce biais contre un 
parallèle établi selon elle entre l'EI et son parti, a suscité  
la polémique en France, mais aussi à l'étranger. 
    "Nous lui demandons de faire plus attention à nos 
sentiments", a réagi jeudi matin sur Europe 1 Diane Foley, mère 
du journaliste enlevé en novembre 2012 dans le nord-est de la 
Syrie.  
    "Nous sommes choqués que des images du meurtre de notre fils 
soient utilisées publiquement. Et pour être honnête, d'une 
certaine manière ça renforce l'EI parce qu'ils ont mis la mort 
de James au service de leur propagande", a-t-elle ajouté. 
    Les parents de James Foley avaient diffusé mercredi soir un 
communiqué pour dénoncer l'utilisation faite par Marine Le Pen 
de cette image, la jugeant "honteuse". 
    Sur la photo en question, on pouvait voir le corps étendu de 
James Foley, la tête tranchée posée sur le buste.  
    L'EI avait diffusé en août 2014 la vidéo de l'exécution de 
l'otage américain, provoquant la consternation aux Etats-Unis.  
    Les deux autres clichés représentant des supplices infligés 
à des détenus de l'EI, assortis du commentaire "Daesh, c'est ça 
!", étaient toujours visibles jeudi matin sur le compte Twitter 
de la présidente du FN. 
    Marine Le Pen s'était déclarée mercredi ulcérée par le 
rapprochement fait selon elle entre le groupe djihadiste et son 
propre parti politique lors d'une émission de radio le jour même 
présentée par Jean-Jacques Bourdin sur RMC.       
    Le journaliste interrogeait l'universitaire Gilles Kepel, 
selon qui l'EI et le FN sont des organisations très différentes 
mais puisent à une source commune -- le manque de perspectives 
offertes aux jeunes dans la société française. 
    Peu après, le Premier ministre Manuel Valls avait estimé sur 
Twitter que la publication de ces images "monstrueuses" 
constituait "une faute politique et morale" de la part de Marine 
Le Pen, qualifiée d'"incendiaire du débat public". 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait quant à 
lui fustigé dans l'après-midi, lors d'une séance de questions à 
l'Assemblée nationale, "une abjection, une abomination et une 
véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme".    
 
 (Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
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