France-Marine Le Pen perd son duel avec Nicolas Sarkozy

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* Le FN perd son statut de premier parti de France * Il atteint ou dépasse néanmoins son score aux européennes * Marine Le Pen appelle à la démission de Manuel Valls par Gérard Bon PARIS, 22 mars (Reuters) - Le Front national a perdu son bras de fer avec l'UMP dimanche au premier tour des élections départementales et raté son objectif d'arriver en tête pour conforter son statut de première force politique de France, acquis au scrutin européen de 2014. Avec environ 25% des voix, selon les instituts de sondage, le parti de Marine Le Pen arrive nettement derrière l'UMP-UDI (autour de 30%), mais se console en devançant le Parti socialiste, qui obtient quelque 20% des voix. Ce score, égal ou légèrement supérieur à celui des européennes de 2014 (24,47%), marque un coup d'arrêt dans la progression du FN, même si le parti d'extrême droite gagne dix points par rapport aux précédentes élections départementales. Marine Le Pen a néanmoins crié victoire, soulignant que son parti avait "réussi l'exploit" de "dépasser largement" son score aux européennes. "Si on se base sur les sondages, le sursaut de mobilisation de la part des partis républicains a mécaniquement fait baisser le Front national", dit Jean-Daniel Lévy, de Harris Interactive. "Mais par rapport aux élections européennes, on a malgré tout un Front national qui fait aussi bien, voire mieux". Les sondages ayant longtemps donné son parti en tête avec 29% à 30%, la dirigeante du FN a paru masquer une certaine déception en réclamant la démission du Premier ministre Manuel Valls, dont elle a dénoncé la campagne "ordurière et violente" contre son parti, qu'il avait effectivement ciblé. "Le vote patriote est la clé pour qui veut se débarrasser du Parti socialiste, de son clientélisme et de sa gestion calamiteuse", a-t-elle insisté. Mais Marine Le Pen, qui voulait faire de ce scrutin un marchepied pour la présidentielle de 2017, n'est pas parvenue à inverser le rapport de forces avec l'UMP-UDI, préalable, selon elle, à l'explosion du parti de Nicolas Sarkozy. "FAISEUR DE ROIS ?" Compte tenu du mode de scrutin, le FN n'est pas certain de concrétiser son score appréciable du premier tour au second en emportant des départements comme le Var, le Vaucluse et l'Aisne mais compte de toute façon obtenir des dizaines d'élus. Le maire invalidé du Pontet, dans le Vaucluse, Joris Hébrard, a été ainsi élu dès le premier tour avec 53,07% des voix. A Carpentras, le candidat FN arrive en tête avec 45,23 %devant la gauche (33,76%) et l'UMP (16,02%). Marine Le Pen, qui juge indispensable de poursuivre le maillage du territoire et de montrer sa capacité à diriger des collectivités pour parvenir à une nouvelle poussée en 2017, a assuré que les départementales seraient "le socle des résultats aux régionales", dans quelques mois. Le FN était pour la première fois présent dans la quasi totalité des cantons, prouvant ainsi sa meilleure structuration et ses efforts de normalisation sous l'égide de la fille de Jean-Marie Le Pen. Ce scrutin devrait également placer le parti frontiste en situation de "faiseur de rois" dans de nombreux cantons, des élus de base, notamment divers droite, pouvant être tentés de sauver leur siège en obtenant son soutien. A cette fin, le parti a prévu une charte que les élus de droite comme de gauche devront signer. "L'après-élections sera plus explosif car ça va poser la question des alliances", analysait récemment le politologue Pascal Perrineau. (Edité par Yves Clarisse)

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